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Tchétchénie : la persécution des homosexuels s’est intensifiée depuis la fin du ramadan

Publié le

par Mélissa Perraudeau

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La purge des homosexuels en Tchétchénie devait s’arrêter avec le ramadan, mais elle aurait en fait redoublé d’intensité. Les associations luttant pour l’exfiltration des homosexuels tchétchènes ont appelé la communauté internationale à l’aide.

Début avril, le journal d’opposition russe Novaïa Gazeta révélait que les autorités tchétchènes menaient une opération de purge contre la communauté homosexuelle. Plus d’une centaine d’hommes, âgés de 16 à 50 ans, étaient torturés dans des "prisons secrètes". Selon les informations d’un député britannique, le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov voulait "que la communauté gay soit éliminée d’ici le début du ramadan", soit fin mai. Et certaines familles éliminaient elles-mêmes leurs membres identifiés comme homosexuels, tandis que le porte-parole du leader du pays niait la purge, assurant qu’aucune persécution n’était en cours puisque les personnes homosexuelles "n’existent pas" dans son pays.

Une purge qui a redoublé d’intensité depuis fin juin

Le 30 avril, le président de réseau LGBT Russie, Igor Kochetkov, a révélé que les persécutions ne s’étaient pas arrêtées avec le ramadan, qu’elles s’étaient "intensifiée[s]" depuis la fin de ce mois. Selon RTL, son réseau avait constaté qu’il y avait moins d’arrestations, voire plus du tout, pendant le ramadan, mais qu’elles avaient repris après. Et de façon plus intense que jamais d’après Igor Kochetkov, qui a expliqué :

"Des dizaines de personnes nous contactent sur notre hotline. Ils nous disent qu’on essaie d’accuser les gays sous de fausses preuves, qui vont du cambriolage au terrorisme. Cela se passe maintenant. C’est tout récent."

Il a parlé de six assassinats depuis le début de la purge, et évalué à entre "300 et 400" le nombre d’homosexuels tchétchènes détenus et torturés. Le réseau aurait cependant pu exfiltrer entre "60 et 70" personnes dans d’autres parties de la Russie, et 14 d’entre eux ont été accueillis dans des pays étrangers avec un "visa humanitaire et asile garanti". La France a d’ailleurs accueilli deux d’entre eux.

Ne pas "laisser la Tchétchénie se complaire dans l’impunité et l’arbitraire"

Mais ces évacuations ne sont pas sans danger, et des associations luttant pour l’exfiltration des homosexuels tchétchènes ont appelé la communauté internationale à l’aide. Selon L’Obs, Sacha Koulaeva, directrice de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) pour l’Asie centrale et l’Europe de l’Est, a révélé qu’elle pouvait prouver la mort d’un Tchétchène ayant fui en Russie. Il avait été retrouvé et assassiné. En France, où on trouve l’une des diasporas tchétchènes les plus importantes au monde, trouver des traducteurs de confiance pour les homosexuels exfiltrés est délicat. D’où l’importance que d’autres pays accueillent les Tchétchènes.

Mais aussi que la communauté internationale, y compris la France, fasse pression sur la Russie pour qu’une enquête soit ouverte et menée à bien. Pour Sacha Koulaeva, "il ne faut pas laisser la Tchétchénie se complaire dans l’impunité et l’arbitraire".

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