Sean Hart, le street-artist qui envahit le métro à coups de slogans

"Es-tu ? As-tu été ?", "L'argent est pauvre" et toute une série de "maximes" énigmatiques sont apparues au cours des derniers jours dans les stations du métro parisien. Leur auteur Sean Hart en a fait – depuis quelques années déjà – sa spécialité. 

Affiche issue de la série "Ne pas jeter sur la voie publique" - Crédit Image Sean Hart

Affiche issue de la série "Ne pas jeter sur la voie publique" - Crédit Image Sean Hart

Ce n'est pas Mai 68 ou les situationnistes – groupe d'intellectuels révolutionnaires mené par Guy Debord – qui ont fait de l'affiche un objet de contestation et de création artistique. Mais disons que dans la foulée du "L'ordre règne", "Sois jeune et tais toi" (pour ne citer que ces slogans), toute une génération d'artistes se sont nourris de l'espace public comme source et raison même de leur travail.

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Ce n'est pas à leur contact que l'artiste Sean Hart s'est mis à la tâche. D'après une biographie officielle, c'est en 1997 qu'il découvre le potentiel créatif de la rue en tombant nez à nez avec des graffitis dans les rues de Saint-Étienne. Comme toute une génération d'artistes, c'est à leur contact que le jeune homme est entré dans l'art et a conçu son propre langage fait d'apostrophes et de formules philosophiques.

Après une scolarité à l'École Nationale Supérieure des Arts de Strasbourg, et de nombreux projets photographiques ou vidéo, il intervient avec la série Night's Almost Gone sur des matelas laissés à l'abandon dans Paris, travail qu'il prolongera avec Fuck The Sandman.

Crédit Image Sean Hart

Crédit Image Sean Hart

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Fomenté au cours d'une insomnie, avec ce projet l'intéressé entend "mettre en place la surprise, le dérangement, les perturbations, la poésie en milieu urbain" précise t-il. Une démarche pas si éloignée de sa série en cours : Ne pas jeter sur la voix publique.

Plutôt placement d'oeuvre que placement de produit

Car la surprise a dû être au rendez-vous pour ceux qui sont tombés, à la dérobée, sur cette affichage non-conforme disposé sur les quais du métro. Fond noir, lettres blanches soulignées, l'artiste emprunte au lexique publicitaire pour diffuser ses appels à la révolte ou à la réflexion. Comme ici à la station Mairie des Lilas.

À la station Porte des Lilas, "la liberté se donne" -  Crédit Image Sean Hart

À la station Porte des Lilas, "la liberté se donne" - Crédit Image Sean Hart

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Respire

"Respire" - Crédit Image Sean Hart

Son intervention se prolonge d'ailleurs dans les rames où le plasticien saisit les espaces réservés en général à la réclame pour y apposer ses "phrases chocs" et susciter un dialogue avec les passagers, premiers spectateurs de son travail.

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S'il y du SpY, du Rero ou du Antoni Muntadas en lui, Sean Hart se distingue par la collision entre un propos volontairement intellectuel et un médium qui ne pourrait être plus démocratique.

Repéré par All City, le travail de l'artiste a ému un certain nombre d'usagers qui s'empressent depuis de partager son travail sur les réseaux sociaux. Le site spécialisé, quant à lui, prend l'oeuvre du Parisien comme un prétexte à une remarque plus large et féconde : et si le métro était en passe de devenir le siège privilégié du street-art au détriment de la rue ?

Crédit Image Sean Hart

Crédit Image Sean Hart

Crédit Image Sean Hart

Crédit Image Sean Hart

Crédit Image Sean Hart

Crédit Image Sean Hart

Crédit Image Sean Hart

Crédit Image Sean Hart

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Crédit Image Sean Hart

Crédit Image Sean Hart

Crédit Image Sean Hart

Oxymore engagé - Crédit Image Sean Hart

Oxymore engagé - Crédit Image Sean Hart

Par Tomas Statius, publié le 09/10/2014

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