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Accusé de vouloir espionner les étudiants, le Crous de Rennes retire des capteurs placés dans des lits

Dix lits d’une résidence universitaire de Rennes ont été munis de capteurs devant permettre une "maintenance préventive". Après avoir été accusé de vouloir espionner les étudiants, le Crous a annoncé le retrait des capteurs ce jeudi.

Les étudiants n’avaient pas été prévenus de l’installation de ces capteurs. (© Crous Bretagne)

Ce mercredi 6 septembre, Ouest-France a révélé que dix lits connectés avaient été installés dans certaines des chambres des 150 logements que compte la résidence universitaire Maine 1, à Rennes. Ces lits, escamotables et pouvant se rabattre au plafond, ont été conçus par une filiale de la PME vendéenne Espace Loggia. Des capteurs ont été installés sur leur cadre, pour collecter en temps réel des données permettant une "maintenance préventive", explique le quotidien qui a interviewé le directeur général (DG) d’Espace Loggia.

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Selon Paul Malignac, ces capteurs représentent une solution aux "problèmes de dégradations de matériel dans certaines résidences", comme "lorsqu’un étudiant prend son lit pour une barre de tractions ou quand le matelas se transforme en canapé pour dix personnes". Le capteur permet de signaler ces cas de figure, en envoyant automatiquement un SMS "à un agent technique qui peut intervenir dans la chambre". Une véritable "première mondiale", d’après les créateurs du lit connecté, pour qui l’installation (gratuite) à Rennes s’annonçait comme une phase d’essai : après un semestre d’utilisation, les lits devraient être commercialisés. D’autres résidences universitaires seraient intéressées, et des objets connectés supplémentaires pourraient être mis au point, comme "des douches qui pourraient détecter les fuites d’eau".

Le Crous s’est défendu de toute velléité d’espionner les étudiants, assurant qu’il s’agissait uniquement "de planifier l’entretien préventif et d’observer l’usure du lit". Ce qui n’a pas convaincu le quotidien (dont l’article est titré "Étudiants à Rennes. Dormez, vous êtes surveillés…"), ni de nombreux étudiants et internautes, qui se sont indigné que les étudiants ne soient pas courant et ont exprimé des doutes quant au fonctionnement des capteurs et au véritable but de l’opération.

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Démentis et annulation

La polémique a pris une telle ampleur que le fabricant et le Crous ont publié des communiqués, ce jeudi 7 septembre. Le Crous a expliqué que l’expérimentation n’était pas encore lancée, et qu’avant de commencer elle devait être "présentée aux étudiants et n’aurait concerné que des volontaires"… Avant d’annoncer que tout avait finalement été annulé, et que les équipements allaient être "retirés dans les prochains jours". La branche d’Espace Loggia ayant construit les lits, Artisans IoT, a pour sa part dénoncé une "fake news" de la part de Ouest-France, déclarant également que seuls des étudiants volontaires devaient être concernés, et que "le but du programme pilote est de connaître l’état de santé du lit pour faciliter la maintenance technique et réduire les coûts d’entretien pour les habitats collectifs", et non "de tracer ce que font les étudiants dans leur chambre".

Paul Malignac a détaillé pour Next Impact le fonctionnement des capteurs, qui mesurent d’après lui trois points : l’usure des câbles, l’état des fixations murales et la présence de parties déformées. Le matelas n’étant pas concerné (selon le DG), impossible de dire "s’il y a une personne sur le lit". Les capteurs permettraient uniquement de "savoir si ces pièces sont bien serrées" grâce à une "liaison chiffrée" qui ne permettrait de récolter que des données "entièrement anonymes", comme précisé dans le communiqué. L’entreprise devra néanmoins retirer les capteurs des lits "dans la semaine", suivant le souhait du Crous.

L’Union nationale des étudiants de France (Unef) a salué l’annulation de l’expérimentation des lits connectés dans un communiqué, regrettant un manque de transparence : "L’idée d’équiper aléatoirement, sans consentement des étudiant·e·s concerné·e·s et sans informations précises des lits en Cité U ne nous était pas acceptable."

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Par Mélissa Perraudeau, publié le 07/09/2017