Quel patrimoine Daesh menace-t-il de détruire à Palmyre ?

Alors que Daesch vient de s'emparer de la ville de Palmyre en Syrie, retour sur son patrimoine inestimable qui se trouve ainsi menacé de destruction.   

Jeudi 21 mai, l'État islamique s'est emparé de la ville de Palmyre en Syrie, cité de plus de 2000 ans qualifiée de "perle du désert" pour la beauté de son site archéologique, évidemment classé à l'Unesco. Une victoire des djihadistes qui s'avère encore une fois lourde de conséquences pour la cité et ses habitants.

Outre l'avancée stratégique qu'elle constitue pour le groupe terroriste, elle implique aussi une grave menace pour le riche patrimoine de la cité – l'EI s'opposant à toute forme d'art préislamique. Comme l'a exprimé l'historien Maurice Sartre auprès du Monde, "l’État islamique à Palmyre, c’est l’État islamique dans la cour du Louvre".

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"Toute destruction à Palmyre serait non seulement un crime de guerre, mais aussi une énorme perte pour l’humanité"a quant à elle déclaré Irina Bokova, directrice de l'Unesco. Et après les pillages et destructions au Musée de Mossoul et du site de Nimroud en Irak, les pires scénarios pour le patrimoine sont à envisager.

Les combats liés au conflit syrien avaient d'ailleurs déjà causé de nombreux dommages à Palmyre. L'Unesco a rédigé un rapport – cité par Libération – faisant état des dégâts qui ont eu lieu jusqu'alors, et il s'avère inquiétant :

Trois des cinq statues anciennes ont été volées à l’hôtel Zanoubia et 22 bustes funéraires, une tête d’enfant en pierre dans le tombeau d’Artaban, 15 portraits sculptés dans le tombeau de Taibul ont été volés et 25 sculptures funéraires dans les tombeaux de Bolha ont été pillées.

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Quel est le patrimoine en jeu ?

Le site accueillait jusqu'à 150 000 visiteurs par jour avant le début des affrontements armés en 2011. Il constitue l'un des berceaux du monde antique les plus inestimables. Voici ses principaux éléments :

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Cette colonnade monumentale d'environ 1 200 mètres de long est constituée de plusieurs centaines de colonnes de près de dix mètres de haut, comme le rappelait la spécialiste du patrimoine Florence Evin au Monde (Crédits image : Flickr)

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Comme le précise le Nouvel Observateur, l'édification du temple de Bal a commencé au IIème siècle avant J.-C.. S'en est suivi la construction d'une cour à colonnades érigée en l'an 67, et un petit sanctuaire fut enfin bâti en l'an 130 (Crédits image : Flickr)

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On trouve également le théâtre romain, véritable trésor du patrimoine de Palmyre (Crédits image : Flickr)

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Les tétrapyles sont des structures à quatre colonnes particulièrement fragiles (Crédits image : Flickr)

Enfin, la "Vallée des morts" compte des sculptures funéraires mêlant influences gréco-romaines et inspirations perses – Palmyre ayant été l'un des carrefours entre l'Occident et l'Orient durant l'Antiquité. Les bustes des défunts étaient également sculptés en haut-relief de manière à sceller les tombes.

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Le jeudi 21 mai dernier, le directeur de l'OSDH (Observatoire syrien des droits de l'homme) expliquait ne pas avoir été informé jusqu'alors de destructions du site, comme le rapporte Le Monde. Qu'on se rassure, selon Maamoun Abdoulkarim, des centaines de statues ont été placées en lieu sûr.

Mais reste à savoir comment la situation évoluera... d'autant qu'au-delà des destructions, un autre risque plane sur le site : celui des pillages, qui permettraient aux terroristes de profiter d'un marché de contrebande lucratif.

Par , publié le 22/05/2015

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