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La première mannequin trans au Pakistan "casse un stéréotype"

La première mannequin trans au Pakistan s'appelle Kami Sid et elle entend bien casser "un stéréotype" sur les personnes trans, tout en militant pour leur protection et leur inclusion.

À 26 ans, Kami Sid est une Pakistanaise trans qui ouvre la voix pour beaucoup d'autres. The Guardian, qui l'a interviewée, explique que même si en 2009, la cour suprême du Pakistan a reconnu les personnes trans comme des citoyens égaux, la discrimination, voire la persécution, continue. Dans la communauté khawaja sira, un groupe de personnes trans d'Asie du Sud, beaucoup ne trouvent pas de travail rémunéré correctement. Elles sont alors "poussées à mendier ou se prostituer", ou forcées à "danser ou chanter pour de l'argent". Les faits de violence et les meurtres se répètent. Kami Sid est quant à elle issue de la classe moyenne et a été élevée par sa mère, après le décès de son père quand elle était adolescente. Celle-ci a accepté sa fille trans, mais cela n'est pas le cas de ses frères. Elle a pourtant continué à affirmer son identité et ses convictions sur sa page Facebook, et a été remarquée par un militant en 2012. Cela a lancé son premier déplacement à l'étranger pour une conférence sur le réseau trans en Thaïlande, et le début de son activisme.

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Puis en 2016, elle a posé pour son premier shooting mode en tant que première mannequin trans au Pakistan. Des prises de position qui ont soulevé son lot de menaces, notamment dans sa famille, mais qu'elle ne compte pas cesser.

"Ma famille ne me soutient pas, et ils sont tous contre moi. Mais je crois que ce genre de choses est très important pour notre société parce que je casse un stéréotype en tant que personne trans."

Elle s'inspire de mannequins trans américaines comme Laverne Cox, et entend bien faire carrière, comme elle l'a expliqué au Guardian :

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"Vous devez vous faire une place dans l'industrie de la mode. Il y a tellement de lobbying. Je suis là pour changer le concept."

Le mannequinat n'est pour elle qu'une possibilité parmi tant d'autres :

“Les gens pensent que nous sommes juste des prostitués ou des mendiants ou des danseurs. Après le mannequinat, j'ai dit que nous pouvions devenir n'importe qui — des docteurs, ingénieurs, enseignants. Nous avons juste besoin d'une plateforme.”

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Kami Sid serait également en discussion avec une province pakistanaise pour une loi de protection de la communauté trans, continuant à lutter sur les deux plans du mannequinat et de l'activisme contre la transphobie et pour l'inclusion de sa communauté.

Par Mélissa Perraudeau, publié le 02/05/2017

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