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PowerPoint rendrait-il bête et fainéant ? Un professeur pousse son coup de gueule

Publié le

par Chayma Mehenna

Paul Ralph, un professeur à l’université d’Auckland, se dresse contre l'utilisation de PowerPoint lors des cours. On vous explique les critiques qu'il formule.

Aller à l’essentiel, utiliser des puces, des couleurs, des schémas, des mots-clés pour tenir en éveil les esprits épuisés. Voilà ce que PowerPoint, un concept de présentation développé par Microsoft en 1990, promettait. L’idée est simple : faire défiler des pages avec des titres choc, avec polices extravagantes, et permettre d’illustrer les propos par des graphiques, des vidéos et des images. Cette aide est rapidement devenue prisée, aussi bien pour les exposés, les cours, les réunions que les présentations en tous genres. Et très vite, tous les professeurs l'ont utilisé comme une aide à leurs cours, même à l'école primaire. Presque tout le monde s'accorde à vanter son efficacité, mais Paul Ralph, professeur d'informatique, ne partage pas cet avis.

Pour lui, PowerPoint donne l'impression que les tâches attendues des étudiants (telles que lire des livres, suivre des cours, prendre des notes et faire des devoirs) sont trop conséquentes. Cet outil, c’est insinuer qu’il suffit d’un slide pour apprendre et que plonger la tête dans des dizaines d’articles n’a rien de nécessaire. Et pour cause, sur quelques pages à fond blanc sont étalés les théories, les auteurs et la synthèse de leur production intellectuelle… Si les étudiants semblent apprécier ce type de présentations, Paul Ralph en démonte l’intérêt en trois points qu’il expose dans le magazine anglais Business Insider.

PowerPoint dissuade les réflexions complexes

L'analyse profonde ou l’esprit critique spontané ne sont pas encouragés par le côté très binaire, concis et simple qui caractérise ces pages projetées. Cette illusion de clarté a un autre désavantage assez évident. Les étudiants finissent par faire l’amalgame entre cours et PowerPoint. Les professeurs qui s'éloignent de cette façon de faire sont de fait, souvent critiqués et leur cours assimilés à des cours ennuyeux, incompréhensibles ou moins clairs. Enfin, en utilisant ce logiciel, les étudiants s’attendent à ce que toutes les informations nécessaires y soient réunies pour réussir les examens. Pourquoi, alors, prendre le temps de faire des recherches en dehors des cours ?

Les universités ne prennent malheureusement en compte que les retours des étudiants, assez friands de cette méthode mais n’évaluent pas le mal qui peut en découler. C’est ainsi qu'elle persiste... Tant qu’elles ne tenteront pas de mesurer l’efficacité des procédés utilisés ainsi que ce qui a été réellement appris, les facultés ne pourront pas contrer ce cercle vicieux, Paul Ralph en est certain.

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