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La presse française devrait être plus exigeante avec les pères

Cette semaine, Slate s’est intéressé au traitement des pères dans la presse française. Un article nécessaire, qui souligne la complaisance et la compassion à l’œuvre dans beaucoup de magazines, qui contribuent ainsi à perpétuer les inégalités hommes-femmes.

Ce 25 juillet, Slate a analysé le traitement des pères dans la presse française à l’occasion de la sortie de Daron Magazine. Le premier numéro du nouveau bimestriel papier annonce une petite révolution, posant les pères en hommes modernes "qui savent enfin se servir d’une éponge". Et qui sont impliqués dans leur rôle parental donc, une façon d’affirmer que les hommes prennent une part égale des tâches domestiques et de l’éducation et du soin des enfants. Ce discours appréciable mais discutable a été habilement analysé par le journaliste Thomas Messias dans cet article "La presse est trop tendre avec les pères". L’occasion d’aborder un sujet peu et/ou mal traité, quelques semaines après que la blogueuse Emma a éveillé les consciences au sujet du problème de la charge mentale pesant sur les femmes avec sa BD online Fallait demander.

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Compassion et confort

Daron Magazine, s’il représente un progrès notable et louable, n’en demeure pas moins "une lecture plaisante qui joue sans doute trop la carte du confort" aux yeux de Thomas Messias. En cause, une absence de militantisme, remplacé par une "position d’observateur passif" — qui pourrait toutefois évoluer dans les prochains numéros, si le magazine trouve son public. Cette possible évolution semble en revanche presque impossible pour d’autres revues comme le Figaro Magazine, qui verse carrément dans l’hagiographie quand il s’agit de parler des pères. En plus de poser les féministes en coupables de la répartition inégale des tâches ménagères et parentales… Les pères y sont flattés et couronnés rois des familles, ce qui, bien loin d’aider à équilibrer l’éducation des enfants entre pères et mères, contribue à en perpétuer les inégalités.

Et le constat n’est pas plus rose du côté des médias féminins généralistes, qui abreuvent les hommes de compassion avec moult confusions. Pour Thomas Messias,

"Ce n’est pas en les plaignant que l’on parviendra à répartir la charge mentale et le poids des responsabilités de façon plus harmonieuse. Ni même en leur expliquant qu’ils ont le droit de gérer leurs enfants à leur manière et qu’ils ont besoin de liberté et d’indulgence."

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De l’importance de lire des articles féministes

Par ailleurs, si la presse féminine généraliste pousse les femmes à plaindre les hommes et se mettre à leur place face aux défis de la paternité, ces pères ne sont eux pas du tout encouragés à se mettre à la place des mères et à comprendre les difficultés de la maternité. Slate propose donc, en attendant "un grand média fédérateur capable de s’adresser à la fois aux pères et aux mères, sans oublier ni mépriser personne tout en tenant compte du caractère asymétrique des choses", de se constituer une "timeline féministe axée parentalité et féminisme sur les réseaux sociaux". Dans laquelle l’article de Slate, qu’on ne saurait suffisamment vous conseiller de lire, devrait avoir une place de choix.

Par Mélissa Perraudeau, publié le 27/07/2017

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