La neige de l’Arctique est devenue rose et ce n’est pas une bonne nouvelle

Derrière de superbes clichés de glaciers pourpres se cache en réalité un phénomène climatique inquiétant.

© Reinhard Holzl - Getty Images

Le réchauffement climatique n’est peut-être pas le seul responsable de l’accélération récente de la fonte des glaciers de l’Arctique, constatée par les scientifiques. Pour le savoir, il faut chercher du côté du Pôle Nord, qui se recouvre peu à peu d’un étrange manteau de neige rose.

Ce phénomène est dû en réalité à une algue qui contient des pigments rouges, la Chlamydomonas nivalis. Si elle a toujours été présente au Pôle Nord, sa rapide prolifération est en revanche inquiétante.

La Chlamydomonas nivalis élit domicile là où elle trouve à manger. Son alimentation essentielle provenant de l’eau issue de la fonte des glaces, elle est très présente au Groenland mais on la retrouve aussi dans les Alpes et l’Himalaya.

Un véritable cercle vicieux se met alors en place. En colorant la neige, l’algue l’expose davantage au rayonnement solaire, ce qui accélère donc sa fonte. Et sa prolifération est exponentielle, puisqu’elle se reproduit plus rapidement dans une eau liquide que gelée.

Selon une étude publiée dans Nature Communications en 2016, la prolifération de la Chlamydomonas nivalis pourrait contribuer à faire fondre jusqu’à 13 % de glace en plus au cours d’une saison. Des données alarmantes qui ne sont pourtant pas prises en compte dans les projections climatiques et l’élévation du niveau de la mer.

Par Manon Marcillat, publié le 11/10/2018