AccueilÉDITO

Plongez dans les mystères d'Osiris à l'Institut du monde arabe

Publié le

par Fanny Hubert

Jusqu'au 31 janvier 2016, l'Institut du monde arabe nous emmène en Égypte antique sur les traces d'Osiris. Un évènement à ne pas manquer. 

Les deux grandes statues qui s'élèvent devant l'Institut du monde arabe nous transportent déjà dans un autre univers. La nouvelle exposition de l'établissement qui célèbre depuis près de 30 ans la culture orientale est consacrée à une figure mythique de l'Égypte antique dont la légende nous est tous familière.

Osiris, fils de la Terre et du Ciel, fut tué par son frère Seth. Ce dernier démembra le corps d’Osiris en 14 morceaux avant de le jeter dans le Nil. Isis, sœur-épouse d’Osiris, grâce à ses pouvoirs divins, remembra son corps, avant de lui rendre la vie et de concevoir leurs fils : Horus. Osiris devint alors le Maître de l’Au-delà et Horus, victorieux de Seth, eût l’Égypte en héritage.

Pour célébrer ce Dieu, l'institut présidé par Jack Lang depuis 2013 n'a pas fait les choses à moitié. 250 objets trouvés principalement grâce aux multiples fouilles effectuées en Égypte lors de ces dix dernières années sont exposés ainsi que 40 œuvres provenant directement des musées du Caire et d'Alexandrie.

Une plongée dans la civilisation égyptienne

L'une des forces de cette exposition est la façon dont les pièces sont éclairées. La lumière bleutée nous donnent l'impression d'être nous-mêmes sous la surface de l'eau, dans un monde englouti où règne l'esprit des divinités d'un autre temps. Divisée en trois séquences, l'évènement retrace la légende d'Osiris à travers l'histoire de la civilisation égyptienne, la construction de ses mythes et la façon dont ils ont traversé les siècles.

Vases, pipes, outils, bijoux mais aussi stèles, statues et vestiges de temples sacrés, tout y est pour nous plonger dans une époque remplie de mystères. Ici, mystères a une double signification puisque les "mystères d'Osiris" sont une série de fêtes qui commémoraient le meurtre et la résurrection du dieu égyptien.

Pectoral de la 22e dynastie, trouvé à Tanis dans la tombe du pharaon Chechong II (env. 890 av J.-C.), Musée égyptien du Caire : Photo : Christoph Gerigk © Franck Goddio/Hilti Foundation.

Pour aboutir à ce résultat complet et fascinant, Frank Goddio, commissaire de l'exposition et fondateur de l'IEASM (Institut européen d'archéologie sous-marine), a lancé en 1996 une série de fouilles sous-marines dans la baie d'Aboukir (à 30 km d'Alexandrie). Ces recherches ont permis des découvertes majeures comme celles de Thônis-Héracléion et Canope, deux cités de l'Égypte antique. Des ports, des temples et divers objets ont pu ainsi être mis à jour.

Mais la civilisation égyptienne est loin d'avoir livré tous ses secrets et les prospections se poursuivent actuellement dans la baie pour tenter de les découvrir. En attendant, l'exposition est un excellent moyen de se rendre compte de l'étendue de ce que peut nous offrir le monde des Pharaons.

"Osiris, Mystères engloutis d’Égypte" a pour ambition d’être pour le visiteur à la fois source d’admiration et de connaissance, d’émotion artistique et de quête spirituelle. Chaque civilisation tente d’apporter sa réponse aux grandes questions de la vie et de la mort.

Le mythe d’Osiris démembré et ressuscité, détruit par les forces du mal, mais toujours fécond, formant avec son épouse Isis une triade céleste, peut aujourd’hui encore être compris comme une parabole du destin de l’humanité à travers ses nombreuses vicissitudes, écrit Jack Lang pour présenter l'exposition. 

La déesse Thouéris, Musée égyptien du Caire : Photo : Christoph Gerigk © Franck Goddio/Hilti Foundation.

Base de colonne, Thônis-Héracléion, baie d'Aboukir, Egypte : Photo : Christoph Gerigk © Franck Goddio/Hilti Foundation.

Momie d'Osiris Sokaris, Musée égyptien du Caire : Photo : Christoph Gerigk © Franck Goddio/Hilti Foundation.

Osiris, mystères engloutis d'Égypte est à découvrir jusqu'au 31 janvier prochain à l'Institut du monde arabe. Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site de l'exposition

À voir aussi sur konbini :