Les Parisiens vus par Rodolphe Sebbah

Bobos, bourges, punks, jeunes, vieux, drôlespaumés, tous passent sous l'oeil de Rodolphe Sebbah, photographe très discret des Parisiens du XXIème siècle. 

Dernier volet de notre série de photographes aux approches uniques, Rodolphe Sebbah présente une série de photos sur les Parisiens captés ça et là dans la rue, le métro, aux terrasses de cafés, au détour d'une cour.

Le vent dans la jupe

Lui s’en fiche de penser qu’un Parisien porte une barbe le matin, la moustache le soir et se colle de gros morceaux d’un kebab bio, alors que tout le monde cherche à les cataloguer.

Ce qui m’intéresse, ce sont leurs attitudes, leur façon de marcher, leur façon d’être, voir dans quel cadre ils évoluent. J’observe des individualités, je ne catalogue pas.

Homme tirant un four

Femme à la fourure rayée

Rodolphe Sebbah a 55 ans. Et le monde de la photographie française l’a découvert ces cinq dernières années après qu’il a décidé de quitter son poste de diamantaire. "Je faisais des photos de rue depuis longtemps, une heure ou deux le samedi après-midi. Ça ne peut rien donner à cette cadence. J’étais las d’être enfermé dans un bureau, donc j’ai fait mes comptes et j’ai arrêté".

L’appareil autour du cou, il arpente les quartiers, les grands axes bien connus, sillonne le métro dont il tire de grandes séries de la vie quotidienne.

La vie dans le métro n’est pas la même, les gens sont confinés dans un seul endroit. Il y a une ambiance, une lumière, l’exiguïté donne des photos différentes de celles prises au grand jour. Mais d’une manière générale, je préfère les quartiers populaires, la rue y est plus grouillante de vie. On y voit encore des enfants jouer dehors, alors que dans les quartiers bourgeois ils sont derrière un écran ou à un cours de tennis.

C’est classique, parfois graphique, les visages sont beaux, les actions connues de tous. Prenez la ligne 4, direction Châtelet, et vous les verrez. Sauf que les "Street Photographer" comme Rodolphe Sebbah sont là pour les immortaliser et témoigner d’une époque avec le talent de l’instantanéité.

Enfant fenetre métro

Baiser derrière la vitre

Mains fontaine

Celioscopie

Fillette au raisin

Il n’est pas le premier à jouer de cet exercice. D’autres avant lui, grands noms de la photo, ont su capter les visages des citadins de leur temps. Doisneau, Cartier-Bresson, Garry Winogrand, Robert Franck, Bruce Davidson…

Je me sens dans la lignée de ces gens-là. Au départ, c’était des icônes, des maîtres, des gens dont on admire les photos. Mais en comparant les miennes aux leurs, je m’aperçois qu’on fait tous plus ou moins les mêmes. Celles de Paris en 2014 sont quasiment identiques à celles des années 50. C’est juste l’époque qui change, les voitures, les costumes, les décors urbains….

Et la formule, appliquée avec une grande sincérité, fonctionne. On aime à se reconnaître dans ces tableaux classiques du quotidien que chacun traverse à sa manière. Cette année, Rodolphe Sebbah a d’ailleurs remporté le Zoom du Public, délivré par le Salon de la Photo qui lui consacrait une exposition de 21 travaux.

Vitrine bonbons Belleville

Enfant black au pain

Sentir

"Je ne cherche pas à faire de jolies images. Je fais des photos vraies, sincères, authentiques. Des photos de la vie telle qu’elle paraît à mes yeux à un instant t". Un nouvel accrochage sera également visible au printemps prochain à la Galerie du Pont Neuf.

Découvrez aussi Iris Della RocaHugues Lawson Body et Théo Gosselin, trois autres photographes qui ont une vision unique et très personnelle de leur métier.

Par Nikon, publié le 19/12/2014