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Les organisatrices de la Women’s March souhaitent former un pouvoir politique durable

Avec la Women’s Convention qui se tiendra en octobre, les organisatrices de la Women’s March entendent bien mettre sur pied un véritable pouvoir politique.

Le 21 janvier 2017, au lendemain de l’investiture de Donald Trump, se tenait la Women’s March, grande marche féministe mondiale. Un premier appel à l’activisme réussi, en faveur des droits des femmes mais aussi de ceux des personnes LGBT et sans-papiers, et contre le racisme et les violences policières. Des centaines de milliers de manifestants se sont mobilisées dans plusieurs grandes villes du monde, en faisant un mouvement historique, la plus grande manifestation de l’histoire des États-Unis.

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Et cela ne faisait que commencer pour les organisatrices de la Women’s March, qui lançaient une grève internationale des femmes le 8 mars dernier, puis s’associaient notamment à la newsletter féministe Les Glorieuses lors de l’élection présidentielle opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen pour soutenir les Françaises et les encourager à voter.

"Construire un pouvoir durable et un changement transformateur"

Ce lundi 14 août, les organisatrices de la Women’s March ont annoncé qu’une convention de trois jours se tiendrait du 27 au 29 octobre dans la ville de Détroit au Michigan. Appelée The Women’s Convention, elle consistera en des ateliers et des conférences visant à apprendre aux participantes et participants comment faire de la manifestation du 21 janvier un véritable mouvement politique.

Pour ce faire, l’événement n’est pas ouvert qu’aux personnes s’identifiant en tant que femmes : le but est avant tout de diffuser le mouvement au maximum, en donnant à tous et toutes les contacts et compétences nécessaires pour cela. Les nouveaux activistes ainsi que les organisateurs chevronnés sont ainsi les bienvenus, et des contenus seront proposés pour tous les niveaux.

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Bob Bland, l’une des organisatrices, a expliqué au Huffington Post que les choses ne peuvent à son sens avancer qu’avec la "mobilisation de masse" et "l’action rapide" : elle considère donc qu’il faut "construire un pouvoir durable et un changement transformateur". La convention permettra de montrer "le pouvoir des femmes à diriger comme la force de base du changement", pour que les participant-es "partent inspiré-es et motivé-es, avec de nouveaux contacts, de nouvelles connexions et stratégies leur permettant de travailler à une libération collective pour les femmes de toutes les races, ethnies, âges, aptitudes, identités sexuelles, expressions de genre, statuts d’immigration, croyances et statuts économiques".

Ce qui, pour Bob Bland, est d’autant plus nécessaire après les violentes manifestations des groupes néonazis et des membres du Ku Klux Klan qui se sont tenues à Charlottesville ce 12 août. Elle a déclaré, toujours au Huffington Post :

"C’est à propos de ce que l’Amérique représente : est-ce qu’elle représente la haine, la peur et la bigoterie, ou est-ce qu’elle représente l’amour, la diversité, l’intégration et la tolérance ? Les femmes doivent à nouveau s’unir en ce sens – de la même façon qu’on l’a fait le 21 janvier – puis élaborer un programme politique et continuer à le construire, et pas seulement dans les rues : il faut aussi construire un pouvoir politique dans les halls du Congrès et de nos communautés locales."

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Objectif : les élections de mi-mandat en 2018

L’objectif est de peser dans les élections de mi-mandat qui vont se tenir en 2018 aux États-Unis : tous les sièges de la Chambre des représentants des États-Unis seront renouvelés, ainsi qu’un tiers de ceux du Sénat américain. Bob Bland a expliqué à USA Today que les sièges les plus importants à obtenir pour eux se trouvent dans des États dominés par les Républicains, comme l’Ohio, la Floride, la Caroline du Sud et la Géorgie – là où le besoin de leaders démocrates est le plus fort.

USA Today rapporte que 16 000 femmes aimeraient justement se présenter aux élections à travers les États-Unis. Pour aider les moins fortunées à assister à la Women’s Convention, des bourses et des campagnes de crowdsourcing leur seront proposées. "Nous devons nous unir pour affronter la suprématie blanche et la haine dans toutes nos communautés, et ça commence avec nous", a précisé Bob Bland.

Par Mélissa Perraudeau, publié le 15/08/2017

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