Un labyrinthe géant dans un musée de Washington

L'architecte Bjarke Ingels a investi le hall du National Building Museum de Washington avec son installation "BIG Maze", ou "grand labyrinthe".

Coutumier des grands chantiers comme des installations éphémères (il avait ainsi conçu le pavillon danois à l'exposition universelle de Shangaï), l'architecte danois Bjarke Ingels a récemment investi le hall du musée d'architecture National Building Museum de Washington. L'installation "BIG Maze", ou "grand labyrinthe" (jeu de mot qui est également le nom de l'agence de l'architecte – BIG ou "Bjarke Ingels Group"), est ainsi visible jusqu'au 1er septembre prochain dans le cadre de la programmation d'été de l'institution (à retrouver par ici).

Dans la tradition des installations de Richard Serra, le Danois a imaginé un labyrinthe grandeur nature. Mais là où la démarche de l'artiste américain se distinguait par un jeu sur la matière et une volonté de penser ses travaux en résonance avec le cadre dans lesquels elles s'inscrivent (on pense notamment à son oeuvre monumentale au Guggenheim de Bilbao), Bjarke Ingels s'amuse ici avec notre vue. C'est à une facétie architecturale qu'il s'adonne, et non à la réalisation d'une oeuvre d'art.

Publicité

Bjarke Ingels au centre de sa création - Crédit Image Bjarke Ingels Group

Bjarke Ingels au centre de sa création - Crédit Image Bjarke Ingels Grou. Et l'idée pour le Danois est alors de troubler et d'inverser les standards du labyrinthe.

Plutôt qu'une surface plane, son labyrinthe est surélevé aux extrémités. Et ça change tout.

D'en haut, on peut regarder comment l'on se rend au centre. Au centre, on peut avoir une vision claire du chemin à suivre pour rejoindre la sortie. Son labyrinthe joue sur la perception visuelle pour offrir une expérience inédite : on peut "voir" la solution mais pas dans toute la structure. Dès lors, les déambulations des "spectateurs-acteurs" sont inquiètes : ils cherchent le bon chemin, oublient ce qu'ils ont vu, reviennent en arrière pour se le remettre en mémoire.

Publicité

Crédit Image Bjarke Ingels Group

Le labyrinthe de BIG – Crédit Image Bjarke Ingels Group

Un mécanisme intéressant selon l'architecte, comme il l'explique sur son site Internet :

 À mesure que vous vous enfoncez dans le labyrinthe, votre démarche est de plus en plus inquiète. Que se passe-t-il si l'on inverse le scénario et que l'on offre un panoptique qui permet de comprendre visuellement comment l'on rejoint le centre ?

Publicité

"The Big Maze" doit alors être vu comme une expérience ludique et architecturale. Un truc qui a l'air plutôt fun quand on regarde de plus près les différentes photos documentant l'événement, mais qui n'en demeure pas moins pertinent.

Longtemps cantonnée aux pays scandinaves, l'architecture "fun" du Danois est en passe d'envahir l'Hexagone. C'est en effet lui qui a remporté l'appel d'offres pour la Maison de l'Économie Créative en Aquitaine à Bordeaux. Plus d'informations sur le projet sont disponibles par ici.

Publicité

Par Tomas Statius, publié le 15/07/2014

Pour vous :