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Kim Keever, art de la mécanique des fluides

Publié le

par Théo Chapuis

(Crédits image : Kim Keever)

Kim Keever n'est pas un peintre à proprement parler. Sauf si l'on considère qu'une toile peut éventuellement être un aquarium de plus de 750 litres rempli d'eau. Evidemment, lorsqu'on a été ingénieur à la NASA, on voit forcément les choses en grand. En effet, Kim Keever n'est pas un artiste du sérail : alors qu'il a suivi des études d'ingénieur, il a rapidement été recruté par l'agence spatiale américaine, mais n'y a pas fait long feu.

Aux fuselages de missiles et aux plans de nez de jets supersoniques, Keever préfère rapidement se consacrer à une carrière artistique à New-York, dans l'effervescence créatrice de la fin des années 1970, entre la Factory de Warhol, les débuts du graffiti dans le métro de la Grosse Pomme et les beats naissants de Grandmaster Flash. Après s'être cherché dans la peinture traditionnelle, il a découvert sa très personnelle nouvelle voie en 1991.

(Crédits image : Kim Keever)

Après qu'un ami lui a donné un aquarium, il commence ses propres expériences. De ses premiers pas avec des trains miniatures submergés et minutieusement éclairés, il comprend les possibilités qui lui sont offertes en travaillant ses sujets sous l'eau. Il progresse alors vers une forme d'art de plus en plus expressionniste et minimaliste, larguant ses locomotives miniatures pour mélanger la peinture à l'eau de l'aquarium et créer des oeuvres éphémères uniquement visibles quelques minutes. Comme un écho à ses études d'ingénieur, c'est de la transformation chimique qu'il obtient ses oeuvres.

C'est pendant le court moment de la dispersion qu'il appuie sur la détente de son appareil photo - parfois des milliers de fois à la suite - pour capter le mariage de la peinture à l'huile, de l'eau et de la lumière. Aussi, les canevas fantasmagoriques qu'il crée dénotent dans un monde où l'art contemporain ne jure que par le concept, qui prime largement face à l'esthétique.

J'ai toujours recherché une certaine forme de beauté dans mon art", explique Keever. "Une bonne partie de l'art d'aujourd'hui est anti-beauté. La beauté pure est maintenant de l'ordre de la provocation dans l'art contemporain, quoi que cela dépende toujours de la façon dont vous la manipulez.

Découvrez l'art de Kim Keever, iconoclaste aquatique, aventurier de l'esthétique sous-marine, Jackson Pollock de la mécanique des fluides. L'artiste est en exposition à partir du 2 avril à la WaterhouseDodd Gallery de New-York.

(Crédits image : Kim Keever)

(Crédits image : Kim Keever)

(Crédits image : Kim Keever)

(Crédits image : Kim Keever)

La toile de Kim Keever, ou plutôt l'aquarium de 750 litres qu'il passe cinq heures à préparer avant chaque nouvelle "peinture". (Crédits image : Kim Keever)

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