American pop artist and activist Keith Haring (1958 – 1990) paints the original version of his ‘Crack is Wack’ mural… Lire la suite

Culte : des images inédites de Keith Haring au travail

Des photographies inédites d'une peinture de Keith Haring sont apparues il y a quelques jours sur le site Getty Images. L'oeuvre en question ? Le célèbre mur "Crack Is Wack". 

Keith Haring au travail sur la version originale du mur "Crack Is Wack" - Crédit Image Juan Rivera/ Roulette Fine Art/ Getty Mages

Keith Haring au travail sur la version originale du mur "Crack Is Wack" - Crédit Image Juan Rivera/ Roulette Fine Art/ Getty Images

Tout est dans le titre : "Le crack c'est de la merde".

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En 1986, toujours endeuillé par le décès d'un de ses amis et assistant portoricain d'une overdose, Keith Haring décide de lui rendre un hommage coloré et de pousser une gueulante. Choqué par la consommation de ce puissant dérivé de la cocaïne dans l'underground new yorkais, l'artiste prend ses pinceaux et décide de peindre illégalement un panneau situé dans le East Harlem.

À propos de l'épisode, il raconte dans son autobiographie :

Comme d'habitude, je n'ai pas demandé d'autorisation et j'ai juste amené mes échelles et ma peinture et en un jour, j'ai peint le mur.

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Et c'est comme ça qu'est né le célèbre "Crack Is Wack".

Crack Is Wack : l'histoire d'un mur de Keith Haring

L'histoire aurait pu s'arrêter là.

Quelques jours plus tard  l'artiste américain prend une amende "minime" de 25 $. La municipalité, pour une fois bien inspirée, considère que le "mural" ne peut pas être considéré comme du "vandalisme à grande échelle". Haring voit dans la foulée son oeuvre vandalisée par un anonyme. D'un cri contre le "crack", elle devient une apologie de la drogue : le texte de "Crack Is Wack" devenant "Crack It Is".

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L'autre côté du mur - Crédit Image

L'autre côté du mur - Crédit Image

Choquée par cet "acte-de-vandalisme-sur-un-acte-de-vandalisme", la municipalité propose alors à Keith Haring de repeindre son oeuvre et lui offre l'autre côté du mur pour donner plus de force à sa proposition artistique. Le parc, dans lequel il se trouve, se voit même rebaptisé "Crack Is Wack Playground". 

Finalement le visuel été restauré en 2007 et se donne toujours à voir du côté de East Harlem. C'est d'ailleurs en 2014 la seule fresque de Keith Haring qui subsiste encore, à la 128e Rue au coin de la IIe Avenue.

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Des photos inédites de Juan Rivera

Et entre une première peinture vandalisée, une seconde restaurée en 2007, il faut dire qu'on avait un peu perdu la trace des photos immortalisant la version initiale de l'oeuvre de Keith Haring.

Un manque comblé depuis quelques jours grâce par Getty Images et les clichés de Juan Rivera, son compagnon à l'époque. Décédé il y a deux ans, il l'a accompagné jusqu'à sa mort en 1990. Photographe amateur mais inspiré, il a légué l'ensemble de ses clichés à la galerie Roulette.

Et après un projet de livre regroupant les ultimes instants de vie de Keith Haring, c'est avec l'aide de Getty Images que la galerie sort enfin ces photographies du "carton". On y voit le mur avant, l'artiste à l'oeuvre et le résultat final.

À noter que la collection de clichés légués par Juan Rivera ne s'arrête pas à cette documentation. Ils sont également le témoignage de la vie de Keith Haring, artiste qui, faut-il le rappeler, a marqué son temps et est parti bien trop tôt. En septembre dernier, le musée d'Art moderne de la Ville de Paris lui rendait hommage en lui consacrant une exposition imposante.

Par Tomas Statius, publié le 19/06/2014

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