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L'estampe japonaise d'Hokusai à l'honneur au Grand Palais

Publié le

par Naomi Clément

À partir du 1er octobre, le Grand Palais de Paris accueillera en son sein les œuvres d'Hokusai. La plus grande rétrospective jamais réalisée en France sur l'illustre maître japonais.

Katsushika Hokusai (1760 – 1849) est sans nul doute l'un des plus célèbres artistes japonais, dont l'œuvre a depuis longtemps dépassé les frontières de l'archipel nippon et inspiré l'art occidental. Né en 1760 dans un faubourg campagnard de la ville d'Edo (l'ancien nom de Tokyo) de parents inconnus, Hokusai est adopté à l'âge de 3 ans par un artisan, chez qui il développera très jeune le goût du dessin et de la peinture. Ainsi, tout au long de sa vie, Hokusai pratique tous les genres artistiques traditionnels du Japon : des portraits de geishas, d’acteurs de kabuki et de lutteurs de sumo, des scènes de la vie quotidienne, des cartes de vœux raffinées (surimono) ou encore des illustrations de romans et de poésies.

Il faudra attendre l'année 1830, et l'âge de 60 ans, pour voir Hokusai s'épanouir à travers le genre auquel on attache aujourd'hui naturellement son nom : les estampes japonaises, ces images gravées sur bois que l'on connaît mieux sous le terme de ukiyo-e (soit "les images du monde flottant"). Ces ukiyo-e, apparues au XVIIème siècle dans la ville d'Edo, représentent des scènes variées de la culture japonaise : paysages bucoliques, animaux, mais aussi scènes de la vie quotidienne à Edo, sujets historiques ou encore illustrations érotiques.

Les ukiyo-e d'Hokusai peintes à partir de 1830, qui représentent pour la plupart les paysages de l'archipel, tendront à propulser l'art japonais à travers le monde, notamment avec des œuvres comme "Trente-six vues du Mont Fuji", une série de 46 estampes réalisées entre 1831 et 1833 qui contient la célèbre "Grande Vague de Kanagawa".

Estampe issue des "Trente-six vues du Mont Fuji" © Hokusai

Cent-vingt noms d'artistes

En parallèle de son œuvre peinte, Hokusai est aussi connu pour avoir utilisé quelque 120 noms d'artistes tout au long de sa carrière. Se baptisant "Fou de dessin" (gakyôjin) à ses débuts, il aimera changer de pseudonyme au gré des évolutions artistiques de sa carrière. On peut toutefois retenir six principaux noms qui ponctuent les périodes stylistiques les plus importantes de son œuvre, comme souligné par le site de la BNF :

  • Katsukawa Shunrô ("Splendeur du Printemps") de 1779 à 1794 ;
  • Sôri II (nom pris à la mort de l’un de ses maîtres, Tawaraya Sôri) de 1795 à 1798 ;
  • Hokusai ("Atelier du Nord") de 1799 à 1810 ;
  • Taitô (nom également lié au culte des astres, se référant à la Petite Ourse) de 1811 à 1819 ;
  • Litsu ("Âgé à nouveau d’un an", première année du nouveau cycle astrologique de 60 ans) de 1820 à 1835 ;
  • Manji ("Dix mille ans") de 1834 à 1849.

À sa mort le 10 mai 1849, Hokusai laisse derrière lui un travail colossal, comportant quelque 30 000 dessins.

Un hommage à Hokusai

Toutefois, comme pour bon nombre d'artistes à cette époque, l'œuvre d'Hokusai ne connaîtra qu'un succès posthume. À sa mort, il n'est encore considéré que comme un simple artisan parmi d'autres au Japon. Il doit sa renommée à quelques acteurs parisiens, tels Edmond de Goncourt, auteur de la première monographie dédiée à l'artiste en français, ou le marchand Siegfried Bing, qui l'a rapidement exposé.

Très vite, son œuvre est propulsée en Occident et nombreux sont les artistes français, à l'instar de Monet (qui collectionna d'ailleurs les estampes japonaises), qui tireront d'Hokusai le sens du détail, la précision du cadrage, et l'originalité des à-plats de couleur.

Ainsi, le Grand Palais de Paris s'apprête à rendre hommage à l'immense carrière d'Hokusai, qui a plus d'une fois inspiré les artistes français. Du 1er octobre 2014 au 18 janvier 2015, le musée donnera vie à la plus grande restrospective jamais réalisée en France sur le célèbre peintre, à travers une exposition sobrement intitulée "Hokusai".

Conçue en deux volets, cette exposition présentera 500 œuvres exceptionnelles du "fou de dessin", dont une grande partie ne quittera plus le Japon à compter de l’ouverture de l’Institut Hokusai à Tokyo, en 2016. Le parcours suit la chronologie de la longue vie d'Hokusai, ponctuée des ces multiples changements de noms, et de ses immenses estampes.

Exposition "Hokusai" au Grand Palais
Du 1er octobre 2014 au 18 janvier 2015
3 Avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris
Plus d'informations sur le site du Grand Palais

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