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En images : avant et après la gentrification à New York

Publié le

par Tomas Statius

Phénomène social moult fois documenté, la gentrification à New York se voit offrir une nouvelle illustration par le travail des photographes James et Karla Murray. 

Qu'est devenu le célèbre club CBGB ? (2005) - Crédit Image <a href="http://www.jamesandkarlamurray.com/JamesandKarlaMurrayCBGBP.html" target="_blank">James et Karla Murray</a>

Des murs décrépis du CBGB, célèbre club rock fermé depuis août 2005 aux abords respectables d'un penthouse. De la devanture typique d'un deli à l'enseigne lumineuse d'une antenne de Chase. À New York, comme ailleurs, la gentrification, phénomène analysé pour la première fois en 1963 par le sociologue Ruth Glass dans son livre London : Aspect Of Change, appelle souvent un ravalement de façade.

Un mouvement qui va inlassablement de pair avec une certaine homogénéisation architecturale. Des échoppes modestes et leurs typo' métissées aux grands groupes et leurs logos.

"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"

À New York les photographes James et Karla Murray se sont efforcés de capturer ces devantures métissées, véritable visage de la ville, de ses aspérités mais également de sa diversité.

Il y a dix ans les deux new-yorkais avaient compilé dans un livre, Store Front - The Disappearing Face Of New Yorkle fruit de leur travail. Un essai documentaire qu'ils poursuivent aujourd'hui en retournant sur le lieu de leurs premières photos pour constater le changement à l'oeuvre.

Et mettre ainsi en lumière cette transformation des villes que tout le monde a sur les lèvres mais que bien peu parviennent à saisir (on se rappelle du travail de Justin Blinder qui s'attaquait au même sujet en gif).

Constat : CBGB a bien changé – Crédit image <a href="http://www.jamesandkarlamurray.com/" target="_blank">James et Karla Murray</a>

Dix ans après le contraste est saisissant. Comme on pouvait l'imaginer, en lieu et place des petits commerces, les deux photographes ont retrouvé des banques, des chaînes de fast-food, et des restaurants "chics".

Un constat sur papier glacé qui se double d'une déclaration en forme de plaidoyer pour le commerce de proximité de la part de James Murray dans les colonnes de la version américaine du Huffington Post

Nous espérons que cet aperçu agira dans le sens d'une prise de conscience de la touche unique qu'ajoute ces commerces familiaux  aux rues de New York […]. L'histoire de New York est gravée sur leurs façades.

Nous espérons également que ceux qui découvriront cette série continueront à se rendre dans ces petits commerces pour qu'ils puissent survivre pendant de nombreuses années.

Une évolution conspuée sur les bords de l'Hudson qui a trouvé en Spike Lee un représentant de choix. Le réalisateur a encore une fois pris la parole au cours de la semaine dernière. La cible cette fois ? Le critique cinéma du New York Times qui avait dénigré la prose lyrique du natif d'Atlanta. Un débat qui ne semble pas prêt d'être clos.

James et Karla Murray - 10 ans après

(<a href="http://www.jamesandkarlamurray.com/" target="_blank">Crédit Image</a>)

(<a href="http://www.jamesandkarlamurray.com/" target="_blank">Crédit Image</a>)

(<a href="http://www.jamesandkarlamurray.com/" target="_blank">Crédit Image</a>)

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