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Instaweek #13 : les dessins coquins et NSFW des Petites Luxures

Publié le

par Juliette Geenens

Chaque semaine sur Konbini, on met en lumière un compte Instagram qui nous plaît particulièrement. Ce week-end, c'est celui des Petits Luxures qui, avec ses dessins sexuels faussement implicites, nous fait rougir de plaisir.

"Spoiler" (© Petites Luxures / Instagram)

L'illustrateur/trice qui se cache derrière les Petites Luxures aime garder un peu de mystère autour de son identité. Pas de prénom, pas d'âge, tout ce que l'ont sait, c'est que cette personne vit en région parisienne, et travaille comme graphiste et directeur/trice artistique.

Sa passion pour le dessin remonte à son enfance et l'a poussé(e) à se lancer dans des études d'art avant de trouver son emploi actuel. Son Instagram, joliment baptisé @petitesluxures, lui permet de partager ses dessins coquins et minimalistes. Des fellations, des cunis, des plans à plusieurs, des petits plaisirs en solo... Le compte des Petites Luxures ne s'autocensure pas, et parvient, finement, à ne jamais tomber dans le vulgaire.

Un trait net, simple et efficace qui permet de "créer des images de scènes parfois très crues, sans jamais être choquantes". Rencontre.

Konbini | Pourquoi avoir décidé de créer ce compte ?

Les Petites Luxures | Je postais mes dessins de temps à autre sur mon compte perso, à l'époque dans un autre style, beaucoup plus tattoo old school. Et puis, il y a un an et demi, j'ai fait deux ou trois dessins érotiques dans un style beaucoup plus épuré. C'était plutôt inspirant, alors j'en ai posté pas mal.

Et puis je me suis dit que mes amis, mes collègues et ma famille n'avaient pas forcément envie de voir des dessins de fesses et de bites au milieu de mes photos perso, alors j'ai décidé de créer un compte pour cette série.

Abordes-tu le thème du sexe afin de le dédiaboliser, de lever un certain tabou ?

À mon sens, il n'y a rien à dédiaboliser dans le sexe. Bouffer, boire, baiser, c'est quand même ce qu'il y a de plus naturel au monde, non ? 99% de ce qu'on voit dans l'actu en ce moment, c'est plus choquant qu'une bonne partie de baise – même si des siècles de puritanisme font prétendre à certains bien-pensants qu'un téton de femme est plus gênant qu'un bateau de migrants qui coule.

Tes dessins pourraient-ils être interprétés comme une alternative au porno ? 

Une alternative au porno, peut-être oui, inconsciemment... Le porno traditionnel est quand même pas mal déshumanisé, macho et mécanique, on n'y trouve plus d'érotisme, ni de sensualité. Je cherche à faire ce que je ne trouve pas dans le porno : des images simples et naturelles, avec des scènes parfois plus crues.

L'utilisation du minimalisme est important. J'ai découvert que les non-dits visuels permettent aussi au spectateur de s'approprier le dessin très facilement. Dans mes images, la tension érotique vient de l'idée derrière l'image, la situation, l'action. Moins de détails laisse plus de place à l'imagination du spectateur.

De quelle image es-tu la plus fière ?

Je dirais "Diplopode" et "Film Noir", je ne sais pas pourquoi, mais je les aime bien.

Qui sont les artistes qui t'inspirent ? 

J'ai découvert dernièrement que René Gruau avait déjà fait tout ce que j'espère faire un jour, et bien mieux que ce que je ne saurai jamais faire, ça m'a mis une claque. Du coup je vénère son travail sans oser le regarder trop souvent, j'ai peur de m'en inspirer malgré moi. Plus globalement, tous les artistes dont les images sont simples, et tenues par une idée lumineuse derrière. Savignac est un génie dans le genre, Saul Bass également.

Peux-tu citer un compte Instagram que tu apprécies particulièrement ?

Il y en a beaucoup... à brûle-pourpoint je dirais celui de @fortifem. Mélanger les Simpsons et Albrecht Dürer, c'est pas donné à tout le monde, surtout avec un trait si parfait !

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