Les véhicules de Burning Man n’ont rien à envier à Mad Max (et la lutte des classe qui s’y joue non plus) (© Matthieu Vautrin)

Un incident à Burning Man fait ressortir le problème de la gentrification

Un camp a été saboté dans la nuit du 31 août au 1er septembre, soulignant les problèmes liés à la gentrification du Burning Man.

Les véhicules de Burning Man n'ont rien à envier à Mad Max (et la lutte des classe qui s'y joue non plus) (© Matthieu Vautrin)

Les véhicules de Burning Man n'ont rien à envier à Mad Max (et la lutte des classe qui s'y joue non plus). (© Matthieu Vautrin/Konbini)

Le supra-festival du Burning Man subit depuis plusieurs années une gentrification accélérée, comme nous vous en parlions déjà il y a deux ans. D'année en année, l'esprit Burning Man semble s'effriter, à base de camps VIP, avec espaces pour jets privés, climatisation, eau courante, cuisiniers, boissons fraîches et même wifi — soit le parfait opposé des principes mis en avant depuis 1986.

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C'est dans ce contexte qu'un incident a ravivé les braises du débat lié au phénomène. Comme l'explique ce très bon papier, plutôt exhaustif, du Monde, le camp White Ocean, créé en 2013 par le DJ producteur Paul Oakenfold et deux entrepreneurs, où sont organisés depuis quelques années de grands concerts, a été l'objet d'actes de vandalisme perpétrés par des "hooligans" dans la nuit du 31 août au 1er septembre. Dans ce post Facebook, l'un des organisateurs du White Ocean raconte l'affaire.

"Un groupe de hooligans a dévalisé notre camp, nous a volé des affaires, débranché et coupé tous nos lignes électriques nous laissant sans réfrigération et sacrifiant notre nourriture, englué les portes de nos caravanes, vandalisé la plupart de nos infrastructures et balancé 380 litres d'eau potable par terre pour inonder le camp."

Une lutte des classes à l'échelle de Burning Man

Une enquête a été lancée par la police, même si les organisateurs du festival auraient fait comprendre aux personnes du White Ocean que le sabotage était "logique", puisqu'il s'agissait d'une camp "fermé et pas très accueillant", ce que dément bien évidemment le post Facebook.

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Sous ce dernier, par ailleurs, les commentaires se multiplient et il est compliqué de résumer les arguments avancés, entre ceux qui félicitent l'entreprise, ceux qui en ont marre de voir ces faux "burners" s'incruster pour juste partager des photos sur les réseaux sociaux, ceux qui prônent la non-violence comme étant le cœur de l'évènement, rappelant que le principe de Burning Man est d'accueillir tout le monde et qu'il est possible de protester contre ce genre de camps différemment.

Bref, tout le monde a son mot à dire et personne n'est vraiment d'accord, même si le commentaire le plus "aimé" qui a récolté 400 likes est assez tranché :

"Et ainsi, la révolution démarra. Reprendre Burning Man des mains de cette classe parasite, des mains de ces touristes de l'EDM. Rendre Burning Man aux gens. Ce n'est pas grand-chose, mais c'est un très bon début."

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Le fait est que l'évènement (il ne s'agit pas du premier incident de la sorte, mais bien du plus important) fait sortir au-delà des cercles fermés des festivaliers. Une sorte de "lutte des classes" à la sauce Burning Man et symbole de la gentrification à son paroxysme.

En tout cas, il est peu probable qu'il s'agisse de Cthulhu (quoique...).

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Par Arthur Cios, publié le 05/09/2016

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