En images : le racisme quotidien en quelques mots

Le racisme adopte de nombreux visages. Parfois ouvertement explicite, il se répand ostensiblement autour de ceux qui le profèrent. Mais ce qu'on nomme le racisme ordinaire est plus vicieux encore : sournois et rampant, il tourne, nauséabond, et contamine la société tel un virus. Sans même le faire exprès.

Plus dangereuse encore, cette forme de racisme est le pain quotidien de nombreux jeunes de la Fordham University du Bronx à New-York. L'une des étudiantes de l'université s'est lancée dans un projet photo visant à mettre en lumière ces paroles insidieuses qui, mine de rien, franchissent chacune un pas de plus vers l'horizon de la bêtise humaine.

À 19 ans seulement, Kiyun Kim documente le racisme ordinaire grâce à des photographies simples et frontales de ses camarades de classe. Ils tiennent tous un écriteau avec, inscrit dessus, une phrase qui leur a été un jour adressée. Maladroites ou carrément choquantes, elles sont la preuve que malgré nos 200 000 ans d'existence, nous sommes loin d'avoir tous assimilé le principe d'égalité au sein de notre espèce, et ce quelle que soit la couleur de notre peau.

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Ces portraits en lien avec le racisme ordinaire fait écho à Unbreakable Project, un projet visant à ce que des victimes de viol brandissent sur des cartons les mots de leur agresseur.

"Donc, quelle langue vous parlez au Japon déjà ? Asiatique ?" (Crédit : Kiyun Kim)

"Tu peux voir aussi bien que les Blancs ? Tu sais, à cause de tes yeux..." (Crédit : Kiyun Kim)

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"Tu es vraiment très jolie... pour une fille à la peau sombre" (Crédit : Kiyun Kim)

"Pourquoi parles-tu comme une Blanche ?"(Crédit : Kiyun Kim)

"Tu n'es pas vraiment asiatique" (Crédit : Kiyun Kim)

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"Courtney, je ne t'ai jamais considérée comme une fille noire" (Crédit : Kiyun Kim)

"Alors, à quoi ressemblent tes cheveux aujourd'hui ?", dit-elle en ôtant mon chapeau sans ma permission (Crédit : Kiyun Kim)

"Le fait que je sois Mexicaine ne signifie pas que je dois être le premier choix dans le rôle de Dora l'Exploratrice au théâtre du lycée" [Aux États-Unis, Dora l'Exploratrice parle espagnol et pas anglais, ndlr] (Crédit : Kiyun Kim)

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"La représentation limitée de ma couleur dans la classe ne fait pas de moi le porte-parole de tous les Noirs" (Crédit : Kiyun Kim)

"Lorsque j'ai donné un discours sur le racisme, le maître de cérémonie m'a présenté comme "Jaime Garcia". Je m'appelle Jaime Rodrigez ; tous les Latinos ne s'appellent pas Garcia" (Crédit : Kiyun Kim)

Par Théo Chapuis, publié le 12/12/2013

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