Vidéo : les règles du vandalisme dans le graffiti

Le graffiti, de l'art ou du vandalisme ? Une vidéo conceptuelle pour annoncer l'exposition "Splash – Rules of Vandalism", nous raconte comment le graff est une combinaison des deux. 

Extrait de la vidéo "Splash – The rules of Vandalism".

Extrait de la vidéo Splash – Rules of Vandalism.

Tantôt décrié, tantôt adulé, le graffiti a peut-être gagné ses lettres de noblesse dans de nombreux milieux, mais il reste que la problématique du vandalisme, à connotation péjorative, est omniprésente depuis sa naissance fin des années 1960. C'est toute la complexité de ce monde que l'exposition "Splash – Rules of vandalism" par les artistes MOSES & TAPS à la galerie Le Paris Urbain souhaite aborder.

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Good Guy Boris, créateur du média The Grifter, a alors eu l'idée pour présenter l'exposition de commencer par questionner les internautes à ce sujet en leur demandant quelles sont selon eux les règles qui régissent le graff. "L'idée était d'obtenir l'opinion du public et de voir à quel point il y a des confusions pour comprendre le sujet", précise-t-il. 

Après deux semaines de débats sur les réseaux sociaux, les artistes tentent ainsi d'apporter une première réponse aux internautes à travers ce court métrage. Alors que des voix à peine audibles lui soufflent : "Le Graffiti doit être illégal", "Tu ne dois pas vandaliser le vandalisme", "Pas sur les églises, ni les maisons, ni les écoles", "Ne prend pas les meilleurs spots si tu es novice". Le personnage ignore les murmures confus, ces conseils et règles qu'on souhaite lui imposer. Une manière d'annoncer habilement la venue de leur exposition "Splash – Rules of vandalism".

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Les règles tacites du vandalisme

"Le graffiti et le vandalisme sont indissociables", affirme Boris. Si le vandalisme peut se décliner sous de nombreuses formes, un tag, tel que l'artiste le considère, représente forcément une forme de vandalisme, ils sont intrinsèquement liés et ce depuis le début. C'est aussi une des conditions qui le rend illégal – d'ailleurs Boris en a largement fait les frais – le propriétaire des lieux n'ayant pas donné son accord. "Aucune règle ne peut normalement s'imposer à quelque chose d'illégal", poursuit-il, "mais comme chaque acte considéré comme criminel, un certain nombres de codes existent".

N'utilise pas plus de trois couleurs. Ne peins pas sur telle ou telle surface. N'utilise pas de pochoir. Tu peux seulement faire des lettres. Pas de signature au sein de ton œuvre. Pas de similitudes avec les créations d'autres artistes, etc.

Boris pourrait écrire tout un recueil regroupant toutes ces règles tacites, non écrites et transmises de bouche à oreille qui s'imposent aux graffeurs et ce même s'il n'existe pas de police du graffiti, chargée de remettre à leur place ceux qui désobéissent et n'hésitent pas à enfreindre les règles du milieu. Ce sont ces artistes –  dont MOSES & TAPS – qui intéressent particulièrement Boris, ceux qui, selon lui permettent de faire évoluer le milieu.

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Moses and Taps en train de travailler sur l'exposition. (Crédit Image : Good Guy Boris)

Moses and Taps en train de travailler sur l'exposition. (Crédits Image : Good Guy Boris)

MOSES & TAPS, une certaine liberté quant aux codes

"La seule chose qui est et doit être constante c'est : la bombe aérosol comme outil et l'espace urbain comme support", le reste ne servirait donc selon Boris et MOSES & TAPS qu'à limiter la créativité des artistes. C'est pourquoi ces deux artistes ont refusé de suivre ces règles. Connus pour leur projet de peindre 1000 oeuvres en 1000 jours sur des trains du monde entier, ils ont été confrontés, tout au long de leur voyage, à la règle dépassée selon laquelle derrière un pseudonyme se cache une personne.

En échangeant de temps à autres leur noms, fans comme policiers se sont alors retrouvés avec la question suivante en suspens : "Mais qui est qui" ? Une manière pour les artistes de dénoncer les procès injustes de personnes dont on aurait pu usurper le blaze.

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Ainsi, pour Boris, le "vandalisme conceptuel" des deux artistes est une manière selon lui de montrer que "l'art n'appartient pas seulement aux galeries et aux musées". Pourtant, MOSES & TAPS se retrouvent à leur tour exposés dans une galerie parisienne, une démarche qui peut alors paraître contradictoire. S'ils ont accepté, c'est bien parce que ce qui va être exposé n'est pas du graffiti, mais bien de l'art contemporain questionnant la pratique du graffiti. C'est du moins la vision que nous propose Boris, une vision qui ne fait pas toujours l'unanimité :

Les artistes qui sont payés ou qui font du graffiti avec une autorisation, ne sont pas en train de faire du graffiti mais une fresque. Quelque chose qui ressemble au graffiti mais qui n'a pas son "essence", son "âme". C'est la même chose pour les artistes qui exposent dans les galeries, ils créent quelque chose qui y ressemble, mais à partir du moment où il a été créé dans un studio, une zone de confort, il ne s'agit pas de graffiti mais d'art contemporain.

Exposition du 30 mai au 13 juin à la galerie Le Paris Urbain. 

Par Anaïs Chatellier, publié le 18/05/2015

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