Londres affirme que le Brexit ne devrait pas affecter les droits des animaux au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, le plan de sortie de l’Union européenne a relancé le débat autour de la souffrance animale.

(© Public Domain Pictures)

La semaine dernière, le gouvernement et le parlement britanniques ont suscité une polémique en laissant penser que les lois de l’Union européenne (UE) relatives à la sensibilité des animaux ne seraient plus appliquées au Royaume-Uni, à l’issue du Brexit.

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Les conservateurs, qui ont la majorité au Parlement britannique, avaient en effet voté contre une proposition d’amendement d’une députée écologiste, Caroline Lucas, à ce sujet. Cette dernière souhaitait ainsi que certaines des lois de l’UE en la matière soient toujours appliquées de l’autre côté de la Manche, une fois que le Brexit sera effectif.

En l’espace de quelques heures seulement, de multiples pétitions en ligne appelant le gouvernement à revenir sur cette décision ont recueilli des milliers de signatures. À la suite du tollé soulevé, Michael Gove, le secrétaire d’État de l’Environnement, a fini par rappeler que "les animaux sont sensibles" et "ressentent la douleur".

Dans une déclaration rédigée par la Chambre des communes, Michael Gove a promis de faire "tous les changements nécessaires pour s’assurer que le Brexit n’affaiblira pas les lois qui régissent le traitement des animaux en tant qu’êtres doués de sensibilité".

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Traduction : "Le secrétaire d’État de l’Environnement, Michael Gove, confirme que les animaux continueront à être reconnus comme des êtres doués de sensibilité une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’Union européenne."

Michael Gove a également confirmé que le gouvernement chercherait à présent un "moyen intelligent et rigoureux de s’assurer que la sensibilité des animaux [soit] reconnue par la loi britannique" :

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"Nous mettons tout en œuvre pour réduire les risques de faire du mal aux animaux, aussi bien dans les fermes qu’à l’état sauvage."

Traduction : "Heureuse de voir que le gouvernement revient sur ses propos. Mais ils doivent aussi accepter d’admettre qu’ils avaient tort de dire que les anciennes lois prenaient en compte la sensibilité. Une solution facile ? Michael Gove, et si nous reprenions cet amendement ensemble ?"

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Claire Bass, à la tête de la branche britannique de l’association internationale de protection des animaux Humane Society, s’est félicitée de cette annonce :

"Reconnaître que les animaux ont la capacité de souffrir et de ressentir la douleur est absolument fondamental pour les protéger.

Nous ne pouvons pas nous permettre de rejeter ce principe en même temps que le reste des lois imposées par Bruxelles, et nous avons hâte de découvrir les plans législatifs que le gouvernement va proposer dans un futur proche."

Michael Gove a même laissé entendre que le Royaume-Uni pourrait mettre en place de nouvelles règles plus strictes, en affirmant que l’Union européenne n’était pas parvenue à interdire l’importation des animaux vivants et le trafic de chiots. Une idée reprise par l’élu conservateur Henry Smith.

Traduction : "Le protocole de l’Union européenne sur la sensibilité des animaux autorise les combats de taureaux, l’élevage de veaux, la production de foie gras, l’exportation d’animaux vivants vers les abattoirs et l’importation de fourrures produites dans des conditions cruelles.

Les lois britanniques sur le bien-être des animaux sont les plus sévères à l’international et le Brexit va nous permettre de les renforcer."

Caroline Lucas, par ailleurs coprésidente du Green Party, soutient cependant que le rejet de la loi européenne est "simplement absurde", et que "l’idée selon laquelle la sensibilité des animaux est déjà systématiquement mentionnée dans la loi britannique est fausse" :

"Le Royaume-Uni a fait preuve d’avant-gardisme sur la question du bien-être des animaux ces dernières années, c’est pourquoi l’abandon de cette régulation serait un retour en arrière."

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet

Par Matthew Kirby, publié le 27/11/2017

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