Entretien : comment on fait pour tourner son premier court métrage ?

Mathieu Maury est un jeune réalisateur de 24 ans. Il y a quelques semaines, il sortait son premier petit film intitulé The Glint qui aborde la journée d'un motard. Du coup, on avait une question toute simple à lui poser : comment on fait pour tourner un court ? Il nous a répondu par un texte. 

Je suis un jeune créatif de 24 ans de la région lilloise au parcours un peu atypique. J'ai commencé la photographie en même temps que mon BTS Conception de produits industriels. À la suite de celui-ci, je devais m'inscrire en licence de mécanique mais je ne voyais pas mon avenir assis sur un fauteuil à concevoir et à calculer des pièces.

J'ai alors décidé de consacrer mon année à la photographie. J'ai pu rencontrer des directeurs artistiques et d'autres personnes qui m'ont conforté dans mon nouveau choix de carrière : travailler dans le monde de l'image.

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court métrage

(Capture d'écran du court métrage The Glint)

Je m'inscris alors dans un BTS Communication Visuelle, puis je finis par sauter cette étape pour aller directement en troisième année Bachelor Concepteur Artistique. À savoir qu'on peut faire l'impasse sur cette partie qui m'a fait plus perdre de l'argent que m'apprendre quelque chose.

Au hasard des choses sur Le Bon Coin...

Pendant ma dernière année d'alternance j'ai pu faire mes armes dans le domaine de la vidéo à travers une agence de production et de publicité. Je m'y voyais naïvement poursuivre en CDI et comme je savais que l'agence grandissait et qu'elle allait déménager dans le centre de Lille, je me suis amusé à chercher une moto sur Le Bon Coin.

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Lorsque je suis tombé sur un modèle qui m'a énormément plu, j'ai remarqué que le vendeur était pro. Remarquant qu'il habitait à côté de chez moi, je lui ai envoyé un mail accompagné d'une demande : le suivre pour le photographier. Après une courte rencontre, il me suggère une autre idée : que je le filme. Je me suis alors retourné vers mon agence pour emprunter du matériel.

(Capture d'écran du court métrage de The Glint)

(Capture d'écran du court métrage The Glint)

Une fois le feu vert de l'agence dans ma poche, je me suis penché sur l'histoire. Avant tout, je me suis beaucoup inspiré du réalisateur Eliot Rausch que j'ai découvert sur Vimeo. J'ai voulu m'inscrire dans le même registre poétique que lui. Je me suis demandé une chose : comment raconter une belle histoire avec les moyens que m'offre la région.

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Ça a très vite donné un pitch hyper simple :

C'est l'histoire d'un homme qui répare sa moto dans le simple but d'aller voir le soleil se coucher sur la mer.

Et puis tout colle : l'entreprise s'appelle Comete Motocycles alors que l'idée directrice est la lumière, cette étincelle qui nous anime, qui nous pousse a créer. Le film se construira de telle manière à ce que nous commencions dans l'obscurité de son garage pour arriver jusqu'à la l'éclat du soleil.

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... jusqu'à débaucher un narrateur réputé

Je n'avais nullement la prétention d'une telle qualité, mais un jeune directeur de la photographie, Romain Decomble, venait d'être embauché dans l'agence. Il m'a alors proposé de filmer, m'annonçant que je pourrai me concentrer sur mes plans et mon histoire. Avec son ami Eudes Quittelier, il m'offrira un soutien technique sur le projet.

Une fois la post-production terminée, j'ai eu un merveilleux matériau entre les mains, surtout pour une première fois. Mais je ne pouvais pas le laisser comme ça. Résultat, je me suis mis à la recherche d'un ingénieur son - pour travailler la partie sound design et mixage audio, et le plus difficile, un narrateur.

(Capture d'écran du court métrage The Glint)

(Capture d'écran du court métrage The Glint)

N'ayant pas de bonnes capacités rédactionnelles, je me suis tourné vers mon amie Lise Beuve, qui après un petit brief, m'écrira un magnifique texte. Tout était parfait !

Avec un peu de culot et beaucoup de politesse il est possible d'intéresser des professionnels de ce milieu. J'ai alors écrit un mail au comédien Paul Bandey qui me répondra favorablement. La chance m'a souri et j'ai réussi à rassembler une "dream team". Sans oublier les amis qui m'ont épaulé sur le projet !

Voici donc The Glint, une vidéo qui est une ode à la création, démontrant que sans budget, mais avec beaucoup de confiance, on peut y arriver. Un court métrage qui je l'espère inspirera et motivera tous ceux qui débutent comme moi.

Texte et vidéo par Mathieu Maury

Par Konbini Staff, publié le 24/02/2014

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