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Le musée de la Vie romantique célèbre le pouvoir des fleurs en retraçant l’œuvre de Pierre-Joseph Redouté

Publié le

par Naomi Clément

Depuis le 26 avril, et jusqu’au 1er octobre, l’art délicat du peintre botaniste wallon Pierre-Joseph Redouté, surnommé le "Raphaël des Fleurs", est exposé au musée de la Vie romantique.

Une rose signée Pierre-Joseph Redouté. (© Musée de la Vie romantique)

C’est la première fois qu’un musée français consacre une exposition entière au travail de Pierre-Joseph Redouté. Né en 1759 à Saint-Hubert, en Belgique, ce peintre botaniste est l’un de ceux qui ont le plus largement contribué à l’âge d’or des sciences naturelles. Surnommé le "Raphaël des Fleurs", il n’a eu de cesse, tout au long de sa carrière, de participer à la description de son monde et de sa flore en reproduisant à l’aquarelle, avec une impressionnante exactitude, les découvertes des explorateurs qui parcouraient les continents et collectaient les espèces nouvelles du règne végétal.

Reconnu comme "peintre de fleurs" par le Muséum national d’histoire naturelle de Paris en 1793, il a côtoyé les femmes les plus influentes de son temps : il a été dessinateur et peintre du cabinet de Marie-Antoinette, mais aussi peintre de l’impératrice Joséphine, et professeur de l’impératrice Marie-Louise. Et pour cause, au début du XIXe siècle, les femmes, notamment françaises, développent une véritable "passion botanique", comme le rappelle le musée de la Vie romantique :

"À l’époque des progrès horticoles, alors que les dames s’initient au langage des fleurs, leurs porte-bouquets, éventails et bijoux sont le reflet de leur passion botanique. Des tentures, broderies pour des robes de cour, papiers peints et porcelaines… témoignent de cet engouement pour la fleur telle que Redouté l’a sublimée. Une 'classe de la Fleur' destinée à l’industrie lyonnaise de la soie a éclos au tout début du XIXe siècle, tandis qu’un 'Salon des Fleurs' met à l’honneur un véritable genre pictural."

"Un art au caractère hybride"

Malgré l’indéniable talent que montrent les dessins et les peintures de Redouté, le nom de celui-ci a longtemps été évacué du monde de l’art. "Cela tient au genre qu’il épousa, souligne avec pertinence le musée de la Vie romantique, genre qui s’apparente peu ou prou à celui de la nature morte, au bas de l’échelle dans la hiérarchie des genres prônée depuis le XVIIe siècle par les instances artistiques. Son œuvre n’était pas considérée par la critique, qui n’avait d’yeux que pour la peinture d’histoire". Et d’ajouter :

"Redouté produisit en outre un art au caractère hybride, entre description scientifique et tableau d’agrément, et contribua lui-même à cette confusion : il débuta comme simple peintre botaniste au Muséum en accumulant des planches descriptives des différentes espèces, puis il développa, le succès venant à partir des années 1810, une production plus ornementale et décorative faite de bouquets."

Grâce à la générosité du Muséum national d’histoire naturelle, le musée de la Vie romantique propose ainsi de redécouvrir l’œuvre poétique du peintre, dans un parcours initiatique découpé en quatre chapitres : "Pierre-Joseph Redouté, 'Raphaël des fleurs'", "Du pinceau au burin, les facettes du talent de Redouté", "Fleurs et arts appliqués", et "De l’industrie au salon". Au total, ce sont plus de 250 peintures, aquarelles, objets d’art et vélins délicats qui sont présentés du 26 avril au 1er octobre 2017, et nous permettent de mieux saisir l’univers infiniment romantique de cet artiste protéiforme.

Éventail brisé, <em>Les Pots de fleurs</em>, anonyme, 1820. Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris. (© Françoise Cochennec/Galliera/Roger-Viollet)

L’affiche de l’exposition. (© Musée de la Vie romantique)

L’exposition "Le pouvoir des fleurs, Pierre-Joseph Redouté" est à découvrir du 26 avril au 1er octobre 2017 au musée de la Vie romantique. Plus d’infos sur le site de l’établissement.

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