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Expo : explorez le monde des fantômes à la Gaîté Lyrique

Publié le

par Naomi Clément

Du 7 avril au 31 juillet, la Gaîté Lyrique propose un voyage expérimental et numérique dans l'au-delà à travers sa nouvelle exposition, "Extra Fantômes : les vrais, les faux, l'incertain".

<em>Metamorphy,</em> de Scenocosme (Grégory Lasserre et Anaïs met den Ancxt), espace Ténèbres. (© Vinciane Verguethen)

"Acceptez l'irrationnel. Croyez en la magie. Entrez dans les ténèbres." C'est sur ces directives que débute, au sous-sol de la Gaîté Lyrique, plongé dans une pénombre quasi complète, "Extra Fantômes". Une exposition immersive, interactive et, à bien des égards, étrange, qui cherche à nous questionner sur l'existence des fantômes à travers le prisme des arts numériques.

Le choix d'une telle thématique (les fantômes) n'est pas un hasard pour les directeurs de la Gaîté Lyrique : d'abord théâtre, temple de l'opérette, parc d'attractions puis lieu de raves interdites, ce haut lieu de la culture parisienne a traversé bien des époques et des histoires. "La Gaîté Lyrique est en quelque sorte hantée", conclut Jérôme Delormas, directeur du lieu, dans son discours de présentation de l'exposition.

Pénétrez dans les Ténèbres

Plus expérience qu'exposition, "Extra Fantômes" explore ainsi les différentes visions du spectre à travers quatre parties bien distinctes : les Ténèbres, la Chambre rouge, la Salle de contrôle et le Bunker.

Les Ténèbres, qui ouvrent donc le bal, mettent en scène les codes du manoir hanté que sont la noirceur, le suspense et les visions incertaines, en nous confrontant à des installations perturbantes. Parmi elles, Spectres, signée Malte Martin, une sorte de photomaton qui nous "confronte à notre propre monstruosité", comme l'expliquait l'artiste franco-allemand, ou encore Augmented Hand Series, une œuvre signée Golan Levin, Chris Sugrue et Kyle McDonald qui déforme la perception de notre propre corps.

<em>Augmented Hand Series</em> de Golan Levin, Chris Sugrue et Kyle McDonald,<br>espace Ténèbres. (© Vinciane Verguethen)

Communiquez avec les esprits

Après cette introduction sombre et fantasmagorique, la visite débouche sur La Chambre rouge, une sorte d'entre-monde surréel, presque onirique, dans lequel on nous invite à communiquer avec des esprits surnaturels. Pour y pénétrer, il faut passer par une petite porte, qui matérialise le passage vers l'autre monde. Au centre de cette longue pièce aux murs couleur sang trônent plusieurs installations qui cherchent toutes à nous faire croire au fantastique.

 All the universe is full of lives of perfect creatures de Karolina Sobecka, présente un miroir qui nous dédouble pour révéler notre plus profonde animalité ; le Kyklos de Charlotte Charbonnel est un véritable cyclone d'eau qui rappelle les puissances obscures de la nature ; et surtout, au centre de la pièce, le Oui Ja de Mathieu Schmitt, un impressionnant ouija de bois, semble s'animer seul, à la recherche d'esprits d'outre-tombe avec lesquels entrer en contact.

Le <em>Oui Ja</em> de Mathieu Schmitt, espace Chambre rouge. (© Vinciane Verguethen)

<em>Metamorphy</em>, de Scenocosme (Grégory Lasserre et Anaïs met den Ancxt), espace Chambre rouge. (© Vinciane Verguethen)

Les "vrais" fantômes ?

Tout au long de son parcours ténébreux, "Extra Fantômes" fait la distinction entre les différentes figures du fantôme : il y a d'abord les faux, que l'on a découverts dans les deux pièces précédentes, c'est-à-dire les spectres, monstres et autres esprits issus de notre imaginaire, qui nous fascinent autant qu'ils nous effraient ; et puis il y a les vrais, c'est-à-dire les ondes, les machines qui envahissent notre quotidien de manière imperceptible par le biais des champs électromagnétiques, de la wifi, et qui nous surveillent grâce à des caméras de surveillance ou des systèmes sensoriels.

C'est à ces derniers que s'intéressent les troisième et quatrième parties, respectivement appelées La Salle de contrôle et le Bunker. À travers les installations qu'elles proposent et les films réalisés par différents artistes, ces salles nous interrogent sur les traces que notre corps laisse derrière et malgré nous, traces qui sont interceptées par les instruments de surveillance.

À l'aide d'œuvres signées Heather Dewey-Hagborg ou Bram Snijders, nous explorons les champs invisibles, la surveillance automatisée et analysons la façon dont nous pouvons devenir des fantômes aux yeux des machines.

<em>Sensible 1.0</em> de Bram Snijders, espace Salle de contrôle. (© Vinciane Verguethen)

<em>Invisible</em> de Heather Dewey-Hagborg , espace Bunker. (© Vinciane Verguethen)

L'exposition "Extra Fantômes" est a découvrir jusqu'au 31 juillet. Plus d'infos sur le site de la Gaîté Lyrique.

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