Par Rachid Majdoub

Des stylos à bille, beaucoup d'encre, de la patience, de la précision, de l'imagination et du vécu : tels sont les ingrédients qui composent l'art de la jeune illustratrice française Helena Hauss.

Cover Girl - version finale © Helena Hauss

Cover Girl - 80x100cm © Helena Hauss

Patience, précision, imagination : soit les clés du travail d'Helena Hauss, jeune artiste parisienne. C'est avant tout la passion qui l'a menée à passer des heures devant la feuille blanche, elle qui sur les bancs de l'école griffonnait ses cahiers d'exercice pendant que ses camarades de classe notaient leur leçon avec assiduité.

À sa main, un outil d'abord par défaut, celui que tout élève a dans sa trousse : un stylo à bille, parfait pour ne pas se faire remarquer par son professeur, comme elle nous le raconte.

Le choix du stylo bic est assez logique quand on regarde mon parcours. C'est l'instrument avec lequel j'ai le plus de pratique. J'ai commencé au collège et au lycée, où je dessinais sans arrêt dans mes cahiers à la place d'écrire mes cours (je rendais même des dessins sur mes copies blanches de contrôle.... je n'étais pas très bonne élève !) et finalement ça m'a donné pas mal de pratique. C'est assez ironique je trouve.

Avec le temps, ses dessins sont devenus plus fournis, plus grands, plus profonds. Toujours de la pointe de ses stylos, Helena produit des tableaux dont la dimension tourne autour de 100x70 centimètres, avec des effets lumineux, des couleurs contrastées et une préférence pour le bleu.

"Aucun autre outil ne me permet de mettre autant l'accent et tant de détails dans les cheveux" ; le stylo à bille permet à Helena de donner une précision surprenante aux scènes qu'elle dépeint. Des œuvres qui, au-delà des commandes réalisées en quelques jours pour des magazines, peuvent lui demander jusqu'à deux mois de travail.

L'une de ses dernières réalisations, intitulée Cover Girl (visible ci-dessus et en détails ci-dessous), a nécessité quelque 300 heures de patience.

© Helena Hauss

Cover Girl - zoom 1 © Helena Hauss

© Helena Hauss

Cover Girl - zoom 2 © Helena Hauss

© Helena Hauss

Cover Girl - zoom 3 © Helena Hauss

Budweiser, amour et pierres tombales

Pour trouver l'inspiration, c'est vers le passé et le vécu que se tourne Helena :

Chacun de mes dessins fait partie d'une même série autour du même thème : celui de l'adolescence, de la jeunesse, la découverte de soi à travers l'interdit et les premières fois. Il s'agit presque tout le temps de souvenirs et d'expériences personnelles (de moi ou d'amis).

À chaque dessin plusieurs croquis en amont. Une fois la meilleure composition trouvée, Helena "réalise une sorte de mise en scène avec des modèles". Généralement des amis qu'elle photographie.

La photo est très importante et primordiale pour le résultat souhaité, car je veux avant tout immortaliser un moment réaliste et fugace. Que ce soit dans l'expression d'un visage, ou le pli d'un vêtement, il faut, je pense, avant tout s'inspirer de la réalité pour que le résultat semble authentique. Cependant, je fais aussi beaucoup appel à l'imagination, et je pense que c'est l'alliance des deux qui représente le mieux mon style graphique.

À ces clichés utilisés à titre d'exemple de départ s'ajoutent donc plusieurs références visuelles tirées du quotidien, de l'environnement qui l'entoure :

Par exemple pour Midnight Lust, j'ai dû aussi regarder des bas reliefs de vieilles pierres tombales, et le packaging d'un pack de bières Budweiser.

Midnight Lust - 100x80cm © Helena Hauss

Midnight Lust - 100x80cm © Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

Le résultat donne un style tantôt très réaliste – "adulte" comme elle le décrit, tantôt "beaucoup plus enfantin".

J'ai par exemple volontairement dessiné le ciel étoilé de Midnight Lust avec des étoiles irréalistes et enfantines pour contraster avec le thème et le style du reste du dessin. Cela suit le reste de ma démarche sur le thème de l'adolescence : c'est la parenthèse entre l'innocence de l'enfance et le savoir de l'adulte.

Travailler au stylo bic induit aucun droit à l'erreur. Après la réalisation du croquis au crayon, avec un "trait de départ parfois très simpliste, notamment pour les visages où il ne s'agit que de quelques traits furtifs", la concentration se corse considérablement.

Un "besoin de rigueur extrême" est requis, ainsi que beaucoup d'encre. Deux stylos à bille roses et trois bleus pour Cover Girl, huit pointes bleues et cinq rouges pour Midnight Lust, ou encore dix stylos bleus pour The Fight, sa dernière réalisation en date que vous pouvez admirer en détails ci-dessous.

© Helena Hauss

The Fight - zoom 1 © Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

© Helena Hauss

The Fight - 120x85cm © Helena Hauss

The Fight - 120x85cm © Helena Hauss

Pour voir plus de dessins d'Helena Hauss, direction son site Internet ou sa page Facebook.