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La crise des 25 ans superbement illustrée par une auteure de la génération Y

L'auteure Samantha Jayne sort un livre sur la crise de la vingtaine et les angoisses existentielles que traversent aujourd'hui la génération Y. Entre illustrations stylées et poèmes en vers, venez explorer avec tendresse les contradictions des presque adultes.

(Photo: Samantha Jayne)

"Mon plan sur cinq ans marche beaucoup mieux / depuis que je me suis donné / 8 ans de plus pour le réaliser." (© Jayne)

Bien que la crise du quart de vie soit un phénomène relativement récent, elle n’en est pas moins réelle. Devenir adulte (ou, du moins #deveniradulte) peut s’avérer difficile, et, de nos jours, plus on grandit plus la notion d’adulte devient floue. D’ailleurs, petite astuce, si tu appelles encore les adultes les "grands", c’est que tu n’en fais sûrement pas partie.

Bien sûr, il y a des signes éternels du passage à l’âge adulte, par exemple  vouloir manger quelque chose de plus nourrissant que des céréales au petit déjeuner – repas que la génération Y ne connaît même pas de toute façon –, pouvoir survivre plus de six mois sans avoir peur de tomber enceinte et réussir à appeler sa banque sans s’évanouir. Mais il faut l’admettre : le  changement perpétuel de notre rythme de vie amène ceux qui ont la vingtaine à vivre dans un flou existentiel.

L’actrice et écrivaine Samantha Jayne compatit tellement avec la génération Y qu’elle en a fait un livre. Quarter Life Poetry: Poems for the Young, Broke & Hangry est une chronique de l’angoisse existentielle ressentie à un moment ou à un autre par chaque personne ayant la vingtaine aujourd’hui.

"Ma copine a sa propre boutique et un bébé / Moi j'ai acheté un cactus, en une semaine il était décédé." (© Samantha Jayne)

Le livre est basé sur le compte Instagram éponyme tenu par Jayne qu’elle a inauguré par un quatrain sur les diplômés qui préparent des frappuccinos derrière les comptoirs. Elle y explore en rimes les aspects drôles ou tristes de la vie du troisième millénaire, des rencards Tinder aux stages bénévoles.

"Les livres pour enfants ont quelque chose de très apaisant, explique Jayne pour Konbini, et vers mes 20 ans, je me sentais comme un enfant dans un corps d’adulte. Je me suis dit qu’il serait adapté et assez cathartique d’écrire sur les problèmes des adultes, mais de façon enfantine. Bizarrement, ça rend tout assez normal."

Ses poèmes et ses illustrations saisissent avec brio la vie de la génération Y. Elle espère que cela aidera les gens à se rendre compte que ce n’est pas grave d’être un peu paumé. "Personne n’a les réponses, et ça soulage de le savoir", il faut être capable de rire des petits tracas du quotidien.

"Quand j’avais 20 ans, je voulais tellement renvoyer une image de réussite et de confiance en moi, nous confie Jane, je crois qu’on se rend finalement compte que notre état émotionnel ne se déduit pas de notre image." 

(Photo: Samantha Jayne)

"Ce soir j'ai eu un deuxième rendez-vous avec ce coup d'un soir. Je sais, c'est pas dans mes habitudes / La vérité, c'est que j'ai oublié mon chargeur chez lui." (© Samantha Jayne)

Depuis quelque temps on raconte beaucoup de choses sur la génération Y : on est gâtés, fainéants et narcissiques. Mais on oublie que, tout comme les générations qui nous ont précédés, on fait semblant d’être quelqu’un avant de réussir, parce qu’on doit s’accommoder d’un marché du travail impitoyable, d’une culture de la drague impersonnelle, sans compter le stress d’être instagrammo-compatible à tout moment de notre vie. La pop culture est saturée des combats de la génération Y (il suffit de penser à des séries comme Love, Girls ou Broad City). Ce qui veut dire qu’on est très scrutés, mais souvent incompris.

"Nos attentes étaient très différentes de la réalité qu’on devait affronter — et ce nouvel état des choses s’est révélé difficile à avaler."

"Qui n’a jamais été un insupportable monsieur ou madame je-sais-tout à ses 20 ans ?", se demande Jane, selon qui on a beaucoup promis à notre génération, alors que la réalité s’est révélée bien plus difficile : "Pour la plupart d’entre nous, nos parents étaient des baby-boomers. Ils nous ont dit que si on allait à l’université et qu’on obtenait nos diplômes, on trouverait un emploi facilement, puisque c’était ce qui s'était passé pour eux. Mais la crise est arrivée au moment où l’on a eu nos diplômes et au lieu de trouver des entreprises qui embauchaient, on a vu ces mêmes entreprises virer beaucoup d’employés ou fermer du jour au lendemain."

"J'adore quand tu me racontes ton choix de manger sans gluten / Je t'en prie, continue de parler pendant que je me noie dans la mer." (© Samantha Jayne)

Poetry of Quarter life réunit dans un livre les réponse de Jayne à l’angoisse, à l’espoir, au stress et à la prise de tête de la vingtaine. Tout cela pour rassembler une génération perdue dans ses jobs précaires, ses références à la pop culture et le scrolling infini. À 26 ans, Jayne a des conseils à revendre à tout ceux qui ne savent pas très bien où ils en sont.

"Laissez de l’espace au changement, conseille-t-elle. Moi, j’avais un plan figé quand j’ai eu mon diplôme, mais ensuite la vie a pris un tour que je n’avais pas du tout prévu. Ce n’est pas comme si on ne pouvait plus grandir une fois que l'on est, techniquement, un adulte. Le changement fait peur, mais ça vaut le coup, et vous ne regretterez pas d’avoir essayé."

Quarter Life Poetry: Poems for the Young, Broke & Hangry de Samantha Jayne est disponible à l’achat par ici.

(Photo: Samantha Jayne)

"Minuit moins dix un vendredi soir / Les bars sont pleins à craquer / Moi, je suis à poil sur le canapé / Je mange des ramen dans une tasse de thé." (© Samantha Jayne)

Traduit de l'anglais par Dario

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Par Olivia Cassano, publié le 12/04/2016

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