Cinq marques de vêtements éthiques aux concepts cool

La mode est la seconde industrie la plus polluante au monde.

(© Xavier Murillon/CrushON).

Ce n’est pas nécessairement évident. Pourtant, les pesticides utilisés pour cultiver le coton, les litres d’eau nécessaires à la conception d’un jean ou bien encore le pétrole utilisé pour fabriquer le polyester placent l’industrie de la mode sur la deuxième marche du podium des pollueurs, juste derrière l’industrie pétrolière.

Si recycler ses déchets ou acheter du café commerce équitable sont désormais des réflexes que nombre de Français ont adopté, nos considérations écologiques et sociales sont bien souvent mises au placard dès que l’on en vient au sujet de la mode et de l’habillement. Pour preuve, chaque année en France, 700 000 tonnes de vêtements, linge et chaussures sont consommées. 70 % d’entre eux ne seraient pas portés et seulement 1/3 seraient recyclés.

À l’ère de la fast fashion, les collections saisonnières bisannuelles ont laissé place à la cadence infernale d’une collection par mois, voire par semaine.

Pour redonner de la valeur aux vêtements et repenser l’acte d’achat, de nombreuses jeunes griffes, qui placent l’économie circulaire au cœur de leur projet, voient le jour. Voici cinq marques de vêtements éthiques aux concepts cool et innovants.

Les Récupérables

La marque Les Récupérables s’appuie sur un constat très simple : il y a trop de matériaux existants. Pour ne pas en réinjecter sur le marché, Anais Dautais Warmel a décidé de lancer une ligne de vêtements fabriqués à partir de linge de maison et de tissus oubliés, comme des rideaux, des nappes ou des draps chinés en ressourceries, des lieux destinés à la collecte et à la revalorisation d’objets et matériaux dont les propriétaires souhaitent se débarrasser.

Par cette démarche, Anaïs transforme le déchet en une ressource pour concevoir une pièce unique faisant la part belle aux motifs floraux et autres rayures et carreaux. Et pour en minimiser le transport, les collections sont assemblées dans des ateliers d’insertion ou de petits ateliers d’Île-de-France.

Super Marché

Il y a deux ans, Monia Sbouai a créé Super Marché, une marque de vêtements pour femmes et pour hommes qui utilise l’upcycling, ou surcyclage en français, comme méthode de fabrication. Monia chine sa matière première sur Leboncoin, chez Emmaüs et en ressourcerie puis réassemble ses trouvailles pour créer de nouvelles pièces. Avec l’upcycling, elle ne recycle pas seulement de vieux vêtements dont on ne veut plus, elle les valorise en les modernisant. Il en résulte une collection aux matières brutes et aux lignes inspirées des uniformes de travail.

1083

"1 083 km séparent les deux villes les plus éloignées de l’Hexagone : Menton au sud-est et Porspoder un petit village au nord de Brest." Voici ce qu’on peut lire sur le site de la marque de vêtements 1083. Mais derrière cet intelligent storytelling se cache une démarche éthique et engagée : revaloriser l’industrie textile française tout en limitant le transport. La marque s’engage donc à ce que les vêtements qu’elle produit ne parcourent pas plus de 1 083 km. Les sneakers sont conçues à Roman, capitale déchue de la chaussure et les jeans entièrement teints, tissés et confectionnés en France. Logique puisqu’à l’origine, le denim vient de Nîmes…

La vie est belt

Les fondateurs de La vie est belt ont décidé de concentrer leurs efforts autour d’un matériau très polluant et pourtant peu recyclé : les pneus. En fabriquant ceintures et nœuds papillon à partir de pneus de vélo usagés, cette jeune marque pousse le concept de l’économie circulaire encore plus loin : le déchet devient une matière première pour concevoir des accessoires de mode mais son usage est également détourné. Au total, ce sont 2 534 pneus qui ont ainsi été recyclés en France et façonnés en accessoires par des hommes et des femmes fragilisés par le handicap.

CrushON

La seconde main est un moyen simple et abordable pour s’habiller éthique et responsable. Cependant, le vintage souffre encore et toujours d’une image poussiéreuse pour des consommateurs parfois découragés face à l’ampleur de la tâche, celle de trouver une belle pièce vintage en bon état et à sa taille.

Démocratiser et faciliter l’achat de vêtements de seconde main, c’est la mission de la plateforme CrushON. En connectant les créateurs écoresponsables et les friperies locales qui sélectionnent des produits de qualité aux amateurs de vintage, elle souhaite rendre le seconde main plus visible, attractive et désirable. Créateurs et friperies vont même à la rencontre de leur public grâce aux CrushON Vintage Markets organisés régulièrement par la plateforme.

Par Manon Marcillat, publié le 04/10/2018