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À suivre : cinq jeunes femmes inspirantes au crâne rasé

Publié le

par Naomi Clément

Longtemps considérée comme inhérente à la féminité, la chevelure est aujourd’hui plus que jamais remise en question par une nouvelle génération de femmes audacieuses et inspirantes. La preuve par cinq.

La mannequin américaine Simone Thompson, aka Slick Woods. (© Instagram @slickwoods)

Octobre 2015. Comme chaque année à cette même période, la frénésie des Fashion Weeks s’achève, après avoir permis aux créateurs de délivrer leur vision sur les tendances des saisons à venir. Parmi elles : les costumes des années 1970, repérés chez Gucci, Marc Jacobs ou Vanessa Seward ; l’incontournable sleep dress, remise au goût du jour par Calvin Klein, Saint Laurent ou Burberry Prorsum ; mais aussi une coiffure quelque peu inattendue : celle du crâne rasé, également connue sous son nom anglais, la buzz cut.

Sur les podiums a en effet défilé une poignée de mannequins féminines "tondues". Elles s’appellent Kris Gottschalk, Tamy Glauser ou encore Ruth Bell, et ont troqué leurs cheveux longs contre quelques millimètres d’épaisseur. Depuis lors, la buzz cut n’a cessé de gagner du terrain, dans le milieu de la mode mais aussi dans la vie de tous les jours, permettant à celles qui l’adoptent d’exprimer une féminité différente de celle imposée par les diktats de beauté. La preuve avec ces cinq inspirantes jeunes femmes.

Adwoa Aboah

Du haut de ses 25 ans, Adwoa Aboah est à la tête d’une solide carrière. Représentée par l’agence The Lions, elle s’est affichée en couverture des magazines de mode les plus réputés, parmi lesquels i-D, et a défilé pour quelques-uns des noms les plus prestigieux de la planète mode, dont Alexander Wang, Kenzo, Calvin Klein ou Fendi. Dans une lettre très personnelle publiée par Teen Vogue à l’été 2015, l’Anglaise expliquait à quel point le fait de s’être tondu la tête l’avait aidée à évoluer en tant que mannequin, mais surtout en tant que femme :

"Quand j’étais enfant […] j’enviais ces filles aux cheveux longs et fluides, qui portaient des barrettes en forme de papillon et des bandeaux à paillettes. Mes cheveux à moi, que je détestais, étaient frisés, et s’en allaient dans tous les sens. […] Je voulais des cheveux lisses et soyeux, qui s’envoleraient dans le vent. J’étais Scary Spice [des Spice Girls, ndlr], alors que je mourrai d’envie d’être Baby. […]

Plus tard, quand j’ai déménagé à Los Angeles, je voulais absolument une nouvelle coupe de cheveux, mais ça a complètement foiré. Alors je suis allée voir ce génie de Gareth Bromell, pour m’aider à réparer ça. La seule solution, c’était de les laisser pousser, ou alors de les couper très court – deux idées qui m’effrayaient au plus au point […] Alors j’ai décidé de me les raser, complètement […] Après des années à haïr mes cheveux, je ne ressentais finalement plus aucun attachement à leur égard. Je me sentais forte, et pour la première fois, je n’avais pas besoin de transporter un énorme sac plastique rempli de produits capillaires […] J’aimerais que les filles qui ont les mêmes cheveux que moi puissent se sentir ainsi : belles, et puissantes."

Désireuse d’aider ses pairs à mieux s’accepter, Adwoa Aboah a ainsi donné vie à Gurls Talk : une communauté virtuelle dont le but est de créer un espace exclusivement dédié aux femmes, encourageant ces dernières à partager leurs histoires personnelles. Son activisme, applaudi sur les réseaux sociaux, a d’ailleurs fait l’objet d’une série-documentaire diffusée par i-D en 2016.

Khleopatre

Chaque jour sur Instagram, la jeune Khleopatre nous plonge dans son univers décadent, fait de looks excentriques, de maquillages extravagants et de bijoux toujours plus imposants. Un monde fascinant, qui a fini par attirer le regard de plusieurs photographes, magazines et autres marques, parmi lesquels Adidas. Partisane de la buzz cut, cette jeune Parisienne est également une grande amatrice de perruques, et il n’est pas rare de la voir coiffée d’une longue crinière tantôt blonde platine, tantôt rouge flamboyant. Une invitation à l’exploration identitaire, qui a su rassembler plus de 20 000 personnes sur son compte.

Jorja Smith

"Honnêtement, c’est la meilleure chose que j’ai jamais faite", déclarait récemment Jorja Smith au sujet de sa nouvelle coupe de cheveux. Dans un entretien accordé au magazine Dazed & Confused le mois dernier, la chanteuse londonienne, remarquée en 2016 pour son titre "Blue Lights", a assuré que le fait d’avoir troqué ses longues tresses noires contre une fine couche de cheveux blonds avait amélioré le style de ses performances scéniques. "J’ai beaucoup plus confiance en moi", concluait-elle. Un changement capillaire qui ne l’empêche cependant pas, à l’instar de Khleopatre, de porter des perruques de temps à autre, comme en témoigne le clip "Tyrant" de Kali Uchis, dans lequel elle apparaît blond platine.

Slick Woods

Depuis son exposition dans le lookbook de la Yeezy Season 2 de Kanye West à l’automne 2015, Slick Woods est devenue, en l’espace de quelques mois, l’une des mannequins les plus convoitées de l’industrie de la mode. Une ascension fulgurante permise par son attitude rebelle, son large sourire aux dents du bonheur, mais aussi par ses cheveux rasés, que l’on a pu apercevoir dans la campagne automne-hiver 2016 de Calvin Klein, photographiée par Tyrone Lebon, ou encore sur le tout premier défilé du talentueux Tyler, the Creator.

Rasée depuis environ un an, Simone Thompson (de son vrai nom) expliquait à Vogue à quel point cet acte lui avait permis de se rapprocher d’elle-même. "Avant ça, je ne me sentais pas en contact avec moi-même, ce que je trouvais bizarre", confiait-elle. Côté pratique, Slick Woods affirme se tondre tous les deux ou trois jours, par un coiffeur professionnel. "La première fois que j’ai essayé de le faire moi-même, j’ai rasé tellement court que j’ai commencé à ressembler à mon grand-père…", racontait-elle au CR Fashion Book.

Une publication partagée par @slickwoods le

Jazzelle Zanaughtti

Sur Instagram, Jazzelle Zanaughtti, plus connue sous le nom de @uglyworldwide, cultive le droit à la différence. Originaire de Détroit, cette mannequin aux sourcils et au crâne rasés encourage chaque jour, à l’aide de nombreux selfies, ses près de 200 000 abonnés à embrasser leur identité profonde. "Tout au long de mon enfance, j’ai été harcelée parce qu’on me trouvait bizarre, relatait-elle au magazine i-D en avril dernier. Avec le recul, je peux dire que je n’étais pas moche en soi, mais les gens se moquaient constamment de mes cheveux frisés, de mon look un peu étrange, et de mes jambes aussi (qu’ils qualifiaient de "jambes de poulet"). […] [Aujourd’hui, j’utilise mon compte Instagram] pour envoyer des ondes positives."

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