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Un extraordinaire cinéma abandonné au cœur du désert égyptien

Publié le

par Louis Lepron

Au beau milieu du désert du Sinaï (péninsule égyptienne), près de Charm el-Cheikh, il existe une construction aussi extraordinaire que mystérieuse : un cinéma abandonné. Capturé il y a quelques années de cela par Kaupo Kikkas, son histoire est à nouveau racontée ces derniers jours sur la Toile.

D'après le photographe estonien, ce cinéma aurait été construit par un homme d'affaires français inconnu et "farfelu" qui aurait un peu trop fumé. Sur les sites égyptiens qui ont repris les images, aucune information supplémentaire n'est donnée. Rien. Le site Elwatannews évoque tout au plus un "sculpteur".

Le Français aurait eu l'idée, entre Paris et l'Égypte, de concevoir ce lieu. Il acheta une petite centaine de sièges en bois prélevés d'un vieux cinéma du Caire et les ramena dans le désert égyptien. Jusque-là, tout allait bien. Car jamais le projecteur et l'écran achetés ne diffuseront une seule pellicule, un seul film.

Le jour de l'inauguration du cinéma, le générateur électrique est saboté. Alors que certaines sources évoquent des autorités locales peu favorables à une telle initiative, il n'y a qu'un pas à franchir pour penser que l'homme d'affaires a été menacé.

Après l'inauguration ratée du cinéma, pas de nouvelles : le lieu restera isolé jusqu'à ce le photographe Kaupo Kikkas dévie des chemins touristiques et tombe sur cette erreur de la nature humaine, dans une région où la menace terroriste est présente.

À Dazed, Kaupo Kikkas souligne la difficulté de ses recherches :

Il est interdit d'aller dans le désert du Sinaï si vous ne faites pas partie d'un programme touristique organisé. Ces "tours" vous font toujours visiter les mêmes endroits alors qu'il y avait une route qui, à moins de deux miles, amenait au cinéma.

Je pense que la plupart des locaux connaissent ce lieu mais, à cause de la confusion qu'il existe entre ce Français, le gouvernement local et les Bédouins, personne n'en parle.

Les fauteuils sont d'ailleurs visibles du ciel sur Google Maps :

Pas étonnant que ce lieu soit appelé "le cinéma de la fin du monde", à la frontière de la fiction, de la réalité, d'un peu de folie et d'un Français qui avait un rêve fou. Selon le photographe estonien, le Français "aurait disparu à cause de la perte d'un investisseur". Et de conclure : "Peut-être qu'un jour il se montrera".

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