En images : dans l'intimité des rencontres à l'ère de Tinder

George Downing, un jeune photographe australien, désamorce les préjugés sur les rencontres Tinder en tirant le portrait des garçons avec qui il a eu rendez-vous.

Votre mère déteste, et pourtant Tinder fait bel et bien partie de la culture des jeunes d'aujourd'hui. Les rencontres, comme beaucoup d'autres choses d'ailleurs, ont évolué et on est maintenant très loin de la recherche désespérée de l'âme sœur qui pointera peut-être le bout de son nez un soir de bal. Voilà qui n'est franchement pas plus mal. À l'inverse des idées reçues, une réelle intimité et des affinités peuvent naître entre les utilisateurs des applications de ce genre et déboucher sur quelque chose de bien réel. Et donc, contrairement aux a priori des générations précédentes, et des plus prudes d'entre nous, Tinder n'est pas une entreprise de démolition du romantisme.

C'est la raison pour laquelle le photographe australien George Downing, qui en avait marre de toutes ces critiques, a décidé de mettre à mal les clichés avec des photos stupéfiantes prises lors de rendez-vous avec des utilisateurs de Tinder dans leur espace le plus intime, à savoir leur chambre.

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(Photo: George Downing)

(© George Downing)

Ce jeune artiste appartenant à la communauté homosexuelle de Melbourne sur Tinder, partage à travers des portraits touchants d'honnêteté sa propre expérience de la fugacité des relations amoureuses à l'ère numérique. Ces photos, qui datent pour la plupart de l'année passée, sont reprises dans son premier livre, Hosting, qui vient juste de paraître. 

Les portraits du jeune photographe offrent un aperçu de ce qui naît des rendez-vous numériques, et de l'intimité et des liens sincères – loin du stéréotype de  la superficialité – qui peuvent en découler. Nous avons demandé à George de nous expliquer comment se sont passées ses rencontres avec ces étrangers qui font à présent partie de sa vie.

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Konbini | Pourquoi vous êtes-vous lancé dans Hosting 

George Downing | En fait, c'est sur Tinder que j'ai rencontré mon précédent partenaire avec qui je suis resté deux ans. Il est le dernier modèle que vous pouvez trouver dans le livre et était le seul que je connaissais quand j'ai commencé ce projet. Cette histoire m'a beaucoup fait réfléchir à tous les a priori qui entourent les rencontres en ligne et au regard négatif que l'on pose souvent dessus... et qui font que l'on a tendance à mentir et à dire aux gens que l'on a rencontré son partenaire à la fac.

"La personne peut devenir bien plus qu'un inconnu rencontré en ligne"

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Aujourd'hui, c'est devenu quelque chose de normal et de commun de rencontrer quelqu'un sur Tinder. Je voulais explorer ce changement d'attitude et mettre en avant que la personne peut devenir bien plus qu'un inconnu rencontré en ligne. J'insiste aussi sur le fait que c'est à l'utilisateur de décider ce qu'il veut tirer de cette expérience. En fait, Tinder représente juste une manière différente de rencontrer de nouvelles personnes susceptibles de vous intéresser. Ensuite, il suffit de savoir exploiter cette nouvelle possibilité et d'en faire ce qu'on souhaite en faire.

(Photo: George Downing)

(© George Downing)

Viviez-vous une histoire avec vos modèles ou bien était-ce purement professionnel ? 

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C'était purement professionnel. J'ai travaillé sur ce livre pendant un peu moins d'une année, et pendant cette période, je n'ai utilisé Tinder que pour trouver des modèles. J'ai discuté avec les personnes susceptibles de m'intéresser en ligne. Je leur parlais un peu de mon projet et je leur demandais si elles étaient intéressées. Le cas échéant, nous nous rencontrions pour parler du concept en lui-même et nous fixions ensuite un jour pour que je vienne prendre les photos.

"J'ai rencontré des personnes super intéressantes que je n'aurais sans doute jamais connues autrement"

Comment concevez-vous Tinder et la manière dont le site influence la société et les relations modernes ? 

Mon expérience personnelle fait que j'en ai une image très positive. Il y a une part indéniable de superficialité, mais personnellement, j'y vois surtout un moyen de faire plus facilement des rencontres. J'y ai fait la connaissance de personnes super intéressantes que je n'aurais sans doute jamais connues autrement.

Qu'est-ce qui, selon vous, différencie les personnes que l'on rencontre sur ce genre d'appli de celles que l'on rencontre dans la vie réelle ? 

Il faut garder en tête de ne pas trop porter un jugement sur les gens qu'on rencontre en ligne. Ce que vous percevez d'eux, ce que vous pensez qu'ils sont, peut être tout à fait différent de ce qu'ils sont réellement. Il est donc très important de rester ouvert d'esprit.

Un point très positif pour moi est que ce projet m'a permis de zapper la phase de discussion par laquelle on passe souvent quand on accroche avec quelqu'un. Très vite, on s'organisait pour se rencontrer en vrai, ce qui reste le meilleur moyen de faire connaissance avec quelqu'un.

(Photo: George Downing)

(© George Downing)

Quelle a été la réaction de vos modèles lorsqu'ils ont découvert vos photos ? 

Tout le monde était content d'avoir participé à ce projet. Il en ressort que laisser quelqu'un faire des photos de vous dans votre intimité a quelque chose de très intimidant – encore plus lorsqu'il s'agit d'un étranger rencontré sur le Net ! – mais en même temps, je me suis senti très proche de chacun de mes modèles durant les séances. C'était presque comme si on n'avait pas vraiment eu besoin de faire connaissance.

Où sont passés les modèles de Hosting à présent ? Êtes-vous toujours en contact? 

Je suis resté en contact avec chacun d'entre eux. Une de mes priorités était de m'assurer qu'ils se sentaient à l'aise avec les photos que j'avais choisies. Je les ai donc tenu informés pendant toute la durée du projet.

Vous pouvez acheter le livre de George Downing, Hosting, ou retrouver son travail sur son site. Découvrez quelques extraits ci-dessous.

(Photo: George Downing)

(© George Downing)

(Photo: George Downing)

(Photo: George Downing)

(Photo: George Downing)

(© George Downing)

(Photo: George Downing)

(© George Downing)

(Photo: George Downing)

(Photo: George Downing)

Par Lydia Morrish, publié le 01/03/2016

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