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À New York, des cabines téléphoniques vous permettent d’écouter les histoires d’immigrés

Publié le

par Chayma Mehenna

Plus personne n’a besoin des cabines téléphoniques : les téléphones portables ont envahi le monde et ces boîtes transparentes ont été laissées pour compte. Un artiste a voulu leur redonner une fonction, en leur faisant aborder le thème de l’immigration.

Nous sommes à Times Square, au cœur de Manhattan. Tout New York y passe et repasse. Il fut un temps où on y trouvait des centaines de cabines téléphoniques – aussi bien destinées à passer des appels importants, qu’à accueillir des milliers de conversations intimes. Ces dernières années, il n’en restait plus que quelques-unes, devenues de véritables reliques : plus personne ne décrochait les combinés, plus personne ne pressait les touches en métal pour composer un numéro. Il est loin le temps où l’on s’y réchauffait lors d’un appel en hiver. De ce gaspillage Aman Mojadidi voulait créer quelque chose. Cet artiste américain d’origine afghane a redonné une fonction à trois de ces cabines abandonnées, en créant l’installation Once Upon a Place. Cette œuvre ouverte à tous, inaugurée le 27 juin, nous propose d’utiliser les téléphones non pas pour parler, mais pour écouter.

En effet, les cabines permettent de découvrir des enregistrements de 70 immigrés, issus de tous les quartiers de la ville, qui racontent leur histoire personnelle. Ces messages, qui durent de 2 à 15 minutes, sont complétés par des histoires à lire dans les annuaires laissés dans les cabines (d’ailleurs, tout le monde peut y écrire ses propres souvenirs ou ceux de ses proches). L’idée au cœur de l’installation ? Faire perdurer tout un pan de la mémoire américaine et faire briller l’héritage multiculturel de toute une ville. D’après le Pew Research Center, d’ici 2065 un Américain sur trois sera issu de l’immigration ou aura un parent immigré. En attendant, plus d’un tiers des New-Yorkais sont nés à l’étranger et près de 800 langues sont parlées dans les 5 boroughs de la Grosse Pomme. C’est pour cela qu’aujourd’hui, plus que jamais, la conversation sur l’immigration doit se poursuivre.

Once Upon A Place, à Times Square, New York, jusqu’au 5 septembre.

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