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À Bruxelles, une taxe de 40 centimes pour chaque personne qui danse

Publié le

par Théo Mercadier

Une arrêté municipal impose une taxe aux bars et aux autres établissements qui font danser leur clientèle. De quoi vous retenir quand "La Macarena" résonne.

Heureusement que <em>Belgica</em> se passe à Gand et non à Bruxelles. (© Pyramide Distribution)

Franchement on veut bien arrêter avec les blagues belges, mais là... Le Bonnefooi, un bar bruxellois, s'est vu imposer une taxe de 40 centimes pour chaque personne qui dansait entre ses murs, rapporte le site de la RTBF. Le gérant a d'abord cru à une blague du percepteur venu l'enquiquiner, mais ce dernier était le plus sérieux du monde : depuis 2014, un arrêté communal dispose que les débits de boisson et autres lieux de fête incitant leur clientèle à danser doivent s'acquitter de ce petit montant pour chaque personne présente. "L'inspecteur a expliqué que la taxe est basée sur le nombre de gens qui dansent. Elle est de 40 centimes par personne et par nuit", a expliqué le programmateur musical du Bonnefooi, Nicolas Boochie, au site Bruzz

"Au début, je pensais que c'était une blague"

Quarante centimes par danseur, c'est pas énorme me direz-vous. Sauf que lorsque l'administration fiscale (qui ne blague pas) vous observe depuis longtemps et fait le calcul de ce que vous lui devez sur un an, ça commence à picoter un peu. L'inspecteur a ainsi établi une moyenne afin d'évaluer le montant de la "fraude" : en comptant environ 50 personnes chaque week-end, on arrive à 160 euros par mois. Au total chaque année : environ 2 000 euros. Ça pique. "De l'argent qu'on préférerait donner aux artistes", se désole Nicolas Boochie. Il s'interroge aussi sur où mettre le curseur entre une personne qui danse et une autre : "Qu'est-ce qui fait de vous un danseur ? Lever les mains ?"

En cause de ce matraquage fiscal, la ville de Bruxelles qui estime depuis 2014 que "les parties de danse habituelles génèrent des dépenses supplémentaires pour la ville notamment en matière de sécurité, de tranquillité publique et d’ordre public". À part une contestation groupée d'une grosse partie du monde de la nuit belge, on ne voit pas vraiment ce qui pourrait faire reculer cette loi liberticide. En attendant, le Bonnefooi a trouvé une parade humoristique plutôt originale : une pancarte "interdit de danser" sur la porte, tout simplement. On attend quand même le jour où chacun devra mettre 40 centimes dans une petite boîte pour avoir le droit de danser.

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