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Au Brésil la colère anti-Coupe du monde s'affiche sur les murs

Au Brésil, la Coupe du Monde est devenue le support de contestations sociales autant qu'une source d'inspiration inépuisable pour les street-artist. Petite sélection d'oeuvres poignantes qui illustrent la colère du peuple carioca. 

Au Brésil la colère gronde. Soulignant le manque de budget dans les services publics, reprochant au gouvernement l'utilisation dispendieuse de fonds pour l'organisation de la Coupe du Monde ou la signature des partenariats juteux avec des entreprises étrangères en lieu et place d'une mise en valeur du tissu local, une partie de la population brésilienne exprime depuis plusieurs mois déjà son mécontentement dans la rue. Mais pas seulement : les murs sont aussi le terrain de leur contestation.

Au pays du roi Pelé, street-art et opposition politique sont actuellement liés par un même dessein : faire éclater à la face du monde les manifestations et rappeler que derrière l'adage selon lequel les retombées économiques seront importantes pour le pays organisateur d'un des plus grands évènements au monde, le peuple souffre.

Et si les street-artist n'ont pas attendu la Coupe du Monde pour s'emparer de la politique, le caractère exceptionnel de la situation et la présence de longue date au Brésil d'artistes de rues, muralistes ou autres acteurs de ce qu'on appelle le "pixaçao" (une forme de graffiti élaboré dans le Brésil des années 60), sont à la base d'une effervescence artistique remarquable.

Tous les jours, le pays voit se multiplier sur ses murs les propositions d'artistes engagés, selon un rythme allant crescendo à mesure que la cérémonie d'ouverture approche. C'est Dilma Rousseff qui doit être contente.

Une profusion dont on avait la preuve suite à la médiatisation de la fresque de Paulo Ito. On constate aujourd'hui que la peinture morale poignante de l'artiste n'était que l'arbre qui cachait une forêt d'oeuvres engagées.

Un dossier Imgur qui constate l'ampleur du mouvement

Il y a deux jours le Thread Reddit "Anti-World Cup Graffiti in Brazil" accouchait d'un dossier Imgur. Il permet de se faire une idée de cette contestation bombes à la main que les médias généralistes n'ont de cesse d'aborder. Une sélection éclectique rapidement remarquée par le média américain Okay Player ont mis la lumière à ces oeuvres contestataires.

Du sobre et efficace "Fuck FIFA" à la multiplication de collages donnant à voir un enfant résigné face au trophée, en passant par la caricature du roi Pelé à la solde du capitalisme, la différence dans le traitement de la même matière sociale est à l'image de la colère qu'exprime une grande partie du peuple brésilien : métissée et assez largement partagée.

Il n'y a que les talentueux jumeaux Os Gemeos, politiquement corrects, pour offrir un autre son de cloches.

Peinture signée de la main de Cranio - (Crédit Image)

Peinture signée de la main de Cranio - (Crédit Image)

Une sélection qui devrait combler les amoureux de lettres, et de sprays avec un seul hic : le nom des tous les artistes n'est pas connu pour la grande majorité des murs. Oeuvres de street-artist renvoyés dans l'anonymat, ils sont le témoignage de la gronde du pays. 

Brésil : Street-art et contestation politique

Une oeuvre de Beto - (Crédit Image)

Une oeuvre de Beto - (Crédit Image)

Par Tomas Statius, publié le 30/05/2014