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Azyle, le graffeur du métro, écope de 138 000 euros d'amende

Publié le

par Charles Carrot

Petite légende dans le milieu du graffiti parisien, Azyle vient d'être condamné en appel à verser 138 000 euros de dommages et intérêts à la RATP pour avoir tagué des centaines de rames de métro entre 2004 et 2007.

Une rame du métro parisien taguée par le street artist en 2007. (© Azyle)

C'est le dernier rebondissement en date dans une longue bataille judiciaire : le graffeur Azyle a été condamné mercredi 4 mai par la cour d'appel de Paris à reverser 138 000 euros de dommages et intérêt à la RATP (ainsi qu'à huit mois de prison avec sursis et trois ans de mise à l'épreuve) en réparation du préjudice subi – soit des centaines de parois du métro parisien taguées de sa signature entre 2004 et 2007.

Pris en flagrant délit par la sécurité de la RATP en 2007, il avait déjà été condamné à 195 000 euros de dommages et intérêt, et huit mois de prison avec sursis, lors de son procès en première instance en 2012. Il avait fait appel à l'époque, et compte bien se pourvoir en cassation contre ce nouveau jugement.

Azyle conteste non pas le préjudice mais son estimation

Pour Azyle, la somme requise par la justice reste bien trop élevée par rapport au préjudice subi. Il estime que seuls 40 000 euros (environ) de dommages lui sont imputables, comme le relaie notamment Le Figaro. Le jour de sa dernière audience au tribunal, le 2 mars 2016, couverte par L'Obs, il expliquait ainsi son intention :

"J'aspire seulement à une condamnation juste. Depuis 2007, je me bats pour savoir comment la RATP est arrivée à de tels chiffres, mais je me heurte sans cesse à un mur."

Le plus grand fait de gloire d'Azyle, qui lui vaut sa notoriété éternelle dans les forums de graffeurs, reste d'avoir posé son blaze sur un Concorde. (© Azyle)

Pour prouver que les sommes lui étant réclamées sont disproportionnées, Azyle avait démontré lors de son procès, devant huissier, qu'il ne fallait pas plus de 10 minutes pour effacer une surface d'un mètre carré de ses tags avec les produits de nettoyage de la RATP – contre un temps estimé d'une heure par cette dernière. Le graffeur considère que la RATP utilise toujours la même méthode de chiffrement des dommages subis depuis une trentaine d'années, alors que les matériaux des rames et les produits utilisés ont évolué.

Malheureusement pour lui, ces arguments n'ont visiblement pas convaincu la justice et cette nouvelle condamnation sera probablement difficile à contester pour le graffeur âgé aujourd'hui de 41 ans.

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