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Au Népal, forcer une femme à l’exil menstruel sera bientôt passible de prison

Le Parlement népalais a approuvé une loi prévoyant notamment une peine de prison pour quiconque forcerait une femme à se plier à la tradition de "l’exil menstruel".

La pratique est officiellement interdite depuis dix ans, mais elle perdure, comme le rappelle Le Monde. Selon cette tradition appelée "chhaupadi", qui est appliquée dans de nombreuses communautés au Népal, les femmes ayant leurs règles sont impures et doivent, en plus de ne toucher ni la nourriture d’autres personnes, ni les icônes religieuses, ni le bétail ni les hommes, dormir dans une hutte éloignée du foyer.

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Dans certaines régions, cet exil s’applique également aux femmes venant d’accoucher, qui doivent parfois rester éloignées jusqu’à un mois après la naissance de leur bébé. La tradition cause de nombreux décès, comme en juillet dernier, lorsqu’une jeune fille de 18 ans est morte d’une morsure de serpent alors qu’elle effectuait son "exil menstruel" dans une hutte, toujours selon Le Monde.

Deux autres femmes étaient également décédées fin 2016 à cause de ce rituel, l’une ayant inhalé la fumée du feu qu’elle avait fait pour se réchauffer. Grâce à une nouvelle loi du Parlement népalais, quiconque forcera une femme à suivre la tradition du "chhaupadi" sera passible d’une peine de trois mois de prison et/ou d’une amende de 3 000 roupies (soit à peu près 25 euros). "Le texte, approuvé à l’unanimité, n’entrera en vigueur que d’ici un an", dit Le Monde, qui cite la loi en question :

"Une femme qui a ses règles ou se trouve en état postnatal ne doit pas être confinée à la chhaupadi, subir une discrimination similaire, ou faire l’objet d’un quelconque traitement inhumain."

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Si la nouvelle loi est jugée dissuasive pour Krishna Bhakta Pokhrel, un élu qui l’a défendue, le journal rapporte qu’une militante des droits des femmes, Pema Lhaki, ne croit pas en son efficacité. Pour elle, la tradition en question s’inscrit dans un système de croyances qu’il est très compliqué de changer. Si "la société patriarcale népalaise joue un rôle" dans la "chhaupadi", à son sens "ce sont les femmes elles-mêmes qui s’obligent" à s’y conformer.

Par Mélissa Perraudeau, publié le 10/08/2017

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