PUBG / Fortnite © Bluehole / Epic Games

L’Irak interdit PUBG et Fortnite pour protéger les jeunes des "menaces morales"

L'Irak rejoint la liste des quelques pays qui font la guerre aux jeux battle royale.

Les jeux vidéo battle royale sont presque devenus une industrie à eux seuls. Des titres comme PlayerUnknown’s BattleGrounds (PUBG), Apex Legends ou encore le célébrissime Fortnite sont joués par des centaines de millions de personnes. Malheureusement, les titres au succès massif et international ont aussi tendance à attirer l’attention des gouvernements, surtout ceux qui veulent s’assurer de la "bonne conduite" de leurs citoyens, et en particulier de leur jeunesse.

D’après des informations relayées par le Guardian, le parlement irakien a voté en faveur de l’interdiction de jeux vidéo en ligne populaires, dont PUBG et Fortnite, ainsi que des microtransactions. Les députés ont évoqué l’influence "négative" de jeux qui promouvraient la violence, dans un pays qui souffre encore des conséquences de conflits récents :

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"Certains jeux électroniques ont des effets néfastes sur la santé, la culture et la sécurité de la société irakienne, incluant des menaces sociétales et morales contre les enfants et les jeunes."

Malgré le côté assez "soft" de Fortnite (pas de sang, graphismes cartoonesques), le battle royale n’est pas du goût de tous les gouvernements. Il y a quelques semaines, par exemple, la police indienne avait arrêté une dizaine d’adolescents qui jouaient à PUBG en dépit d’une interdiction régionale.

En Irak, Moqtada al-Sadr, un religieux chiite très influent dont la coalition politique a remporté de nombreux sièges aux dernières élections législatives, a exhorté la jeunesse à fuir PUBG :

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"Que gagnerez-vous si vous tuez une ou deux personnes à PUBG ? Ce n’est pas un jeu de réflexion ou une simulation militaire qui vous apprend la bonne façon de combattre."

Tout joueur·euse de PUBG a la réponse à la question du prédicateur : tuer une ou deux personnes (ce qui n’est pas ouf, mais passons) sur PUBG permet simplement de récupérer de l’équipement et de grimper dans le classement du TOP100.

Mais sinon, outre le paradoxe de considérer que ce jeu incite à la violence alors qu’il n’est pas si réaliste, les arguments avancés reprennent des poncifs sur les jeux vidéo qui ont été démontés depuis des années par des spécialistes et des scientifiques. Dernièrement, une étude d’Oxford n’avait trouvé absolument aucune corrélation entre le gaming et la violence physique chez les jeunes.

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En Irak, les réactions de mécontentement ne se sont pas fait attendre. La plupart des critiques sur les réseaux sociaux visent notamment les choix très douteux de priorité des députés. En effet, le Conseil des représentants n’a, pour le moment, adopté qu’un seul projet de loi depuis son élection : la loi fédérale des finances pour 2019, promulguée en janvier.

Par Pierre Bazin, publié le 19/04/2019

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