L'open world de Days Gone va-t-il révolutionner le jeu de zombies ?

On a pu essayer pendant trois heures la prochaine exclusivité de la PS4.

Après avoir donné de vagues nouvelles en mai 2018, l’équipe derrière Days Gone s’est faite assez discrète. Si le report de la sortie du jeu (ce sera le 26 avril, au lieu du 22 février) nous a rappelé son existence, il nous tarde de jouer à ce titre en développement depuis déjà plus de trois ans. Créé par les studios SIE Bend, il s’agit d’un jeu 100 % Sony – il sera donc une exclusivité de la PS4.

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Sans bousculer les codes, le titre s’attaque à un assez gros morceau de la scène vidéoludique : le genre du jeu solo dans un open world post-apocalyptique, dans lequel vous devez affronter aussi bien des zombies ("mutants") que des humains armés jusqu’aux dents. Il va de soi que la recette n’est pas nouvelle. Pourtant, dans son exécution, Days Gone semble avoir des ressources insoupçonnées.

Un monde original, mais un scénario cliché

(© SIE Bend Studio)

L’une des premières réussites de Days Gone est son environnement. Sur le plan technique, la PS4 nous prouve qu’elle peut gérer un open world qui semble plutôt vaste, étant donné que vous êtes censé le parcourir à moto.

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Les détails sont nombreux et les paysages variés. De plus, tout semble assez accessible pour le joueur. On appréciera aussi que cet univers post-apocalyptique ne verse pas dans la destruction à outrance – d’autant plus que l’intrigue ne se déroule que peu de temps après l’arrivée des mutants, mais aussi parce que l’environnement est très bucolique. Cela nous donne un level design des plus naturel.

Cela se ressent avec les zombies, ici appelés "mutants" pour insister sur le fait qu’ils ont drastiquement évolué par rapport aux humains. En effet, ils ont des comportements animaliers très poussés. Ces créatures ont une vraie vie : elles ont leurs routines, leurs nids et des mouvements de masse (les "hordes"). Si Days Gone a réussi à rafraîchir l’image des zombies, on espère simplement voir dans la version finale plus de variété dans les différents types de mutants.

Cependant, si l’univers graphique est plutôt irréprochable, le scénario semble quelque peu naïf et poussif dès les premières heures de jeu, et nous laisse une impression de "sous-The Last of Us". L’histoire de Deacon, un biker meurtri par la disparition de sa femme, ne nous montre pour le moment que des scènes très classiques et ne s’éloigne guère des nombreux poncifs du genre des jeux de zombies. Difficile d’en dire plus en l’état actuel des choses, mais on espère que la suite de l’aventure nous réserve de bonnes surprises, car les dialogues (même si correctement doublés) semblent directement issus d’un film lambda.

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(© SIE Bend Studio)

L’environnement et les personnages secondaires restent également très classiques (de ce que nous avons pu voir). Si la présence de campements, de factions et d’idéologies diverses face à la fin du monde est intéressante, il n’y a rien de bien nouveau.

Notons toutefois que le système de quêtes nous pousse à avancer à notre rythme dans les différentes intrigues. On espère que cette forme de liberté sera plus aboutie à la sortie du jeu. Pour l’instant, les quêtes secondaires proposées ne sont pas très originales (nettoyer des camps, détruire des nids, etc.), mais on espère qu’il y aura plus de diversité, afin d’éviter une forme d’ennui qui vient souvent gâcher ce genre de jeux en open world.

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Une immersion pour le moment réussie

Le gameplay de Days Gone est efficace : il reprend beaucoup de mécaniques qui ont fait le succès de grands titres comme The Last of Us. On retrouve les roues de menu en temps ralenti qui permettent de ne jamais perdre l’action de vue, et il faut dire que l’ensemble est extrêmement maniable, même après seulement quelques heures de jeu. L’agilité du personnage, notamment dans ses mouvements d’esquive naturels et instinctifs, est très réussie.

Entre les mutants et les pillards humains, l’univers de Days Gone est dangereux. Il y a un vrai côté survie qui se ressent dans la difficulté et dans l’attention portée à l’approche que vous choisirez. Vous allez ainsi devoir faire attention à vos munitions et vos bandages, et souvent improviser dans les situations difficiles.

On apprécie les systèmes de récolte de ressources et de craft, qui ne sont jamais intrusifs ou ennuyeux et renforcent cet esprit de débrouille. La moto sera votre petit bijou, à chouchouter jour et nuit : il faudra donc faire gaffe à son état et sa jauge d’essence (autant de petits détails qui font plaisir).

(© SIE Bend Studio)

L’infiltration est centrale dans Days Gone. Toutefois, si la mécanique de bruit est plutôt réussie, il faudrait améliorer l’acuité visuelle des ennemis. Les mutants ont des comportements cohérents, mais les humains souffrent une IA malheureusement un peu datée : l’infiltration peut ainsi être très aisée ou rapidement tourner au cauchemar.

Heureusement, les combats ne sont pas en reste. Les armes ne sont pas d’une grande précision (en tout cas moins que celles des ennemis), mais cela renforce le réalisme de l’action et vous oblige à vous approcher. Le système de corps-à-corps est porté par d’excellentes animations bien rythmées. Enfin, mention spéciale au sound design, qui retranscrit parfaitement la dimension viscérale des combats.

Conclusion

Il est encore un peu tôt pour donner une appréciation globale de Days Gone, mais ce qu’on a vu mérite d’être salué. Le titre propose déjà un contenu assez solide, et sa technique semble être plutôt au point. Reste à savoir si la recette peut fonctionner sur la durée. Réponse le 26 avril sur PS4.

Par Pierre Bazin, publié le 08/03/2019

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