Xavier Dolan s'en prend au CSA pour le clip d'Indochine

Le réalisateur Xavier Dolan a réagi aux déclarations de François Laborde, membre du CSA, à travers une lettre.

Xavier Dolan, le réalisateur du clip College Boy, a tenu à répondre à la menace d'interdiction prononcée par Françoise Laborde, membre du CSA au micro d'Europe 1. Il a pour ce faire rédigé une lettre ouverte, publiée sur le site du Huffington post :

Publicité

Selon lui, son clip a été produit "non pas dans l'optique d'exploiter la violence de manière superficielle, mais bien dans celle de fournir à la jeunesse une oeuvre à la fois réaliste et poétique, qui puisse illustrer la brutalité dont ils sont tour à tour les dépositaires, instigateurs, ou témoins".

En ligne de mire, les arguments de François Laborde sur Europe 1 :

Cette vidéo montre des images dont la violence est inestimable et il y en a assez de cette mode de la violence. La mort, ce n'est pas esthétique. La violence, ce n'est pas esthétique. La torture ce n'est pas esthétique.

Publicité

De cette assertion, le cinéaste pose une série de questions à propos de la violence :

Alors comment la dénonce-t-on ? Comment la dénonce-t-on sinon par la démonstration par l'absurde ? Qui peut ici se targuer d'avoir pu sensibiliser les générations précédentes à l'intolérance, l'agressivité et l'ostracisme ? Vous ?"

Publicité

L'équivalent d'un "docu sur le taux de suicide chez les mineurs"

Mais selon Xavier Dolan, la membre du CSA se trompe de combat. Bien qu'il concède qu'Internet "permet, en 2013, à n'importe quel enfant de visionner [...] la bande-annonce de n'importe quel film classé 18 ans et plus", "vouloir interdire la diffusion de [son] vidéoclip aux moins de 18 ans relève d'un geste plus automatique que réfléchi".

Et pour cause :

Vouloir priver [les moins de 18 ans] de notre message est comme interdire à cette même jeunesse un documentaire sur le taux de suicide chez les mineurs.

Publicité

Et le réalisateur de remercier, avec une certaine ironie, la visibilité offerte par François Laborde :

Je ne pourrai, dans cette mesure, jamais assez vous remercier de l'exceptionnelle visibilité que vous avez donné à mon travail, bien qu'il soit dommage que cette polémique n'origine non pas de votre soutien, mais de votre refus de contrer la violence par l'action plutôt que par le silence.

On vous conseille également :

 

Par Louis Lepron, publié le 07/05/2013

Copié

Pour vous :