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Le Wu-Tang Clan va vendre un seul exemplaire de son nouvel album

Aux dernières nouvelles, l'industrie musicale ne va pas aussi bien qu'on pouvait le penser voilà un an. En 2013, les revenus de la musique enregistrée ont diminué de près de 4%, à hauteur de 15 milliards de dollars. Des chiffres rapportés par l'IFPI, la Fédération internationale de l'industrie phonographique, le 18 mars dernier.

Pas étonnant donc que certains artistes prennent les devants, de Radiohead à, aujourd'hui, le Wu-Tang Clan. Alors qu'il est en train de finaliser un album marquant ses 20 ans de carrière (A Better Tomorrow), le groupe de hip-hop de New York a aussi annoncé qu'il bossait en secret et depuis deux ans sur un double album, Once Upon A Time In Shaolin. Et sa sortie va être extraordinaire pour une raison simple : un seul exemplaire sera commercialisé.

Selon le magazine Forbes, cet album sera disposé dans une boite en argent confectionnée par l'artiste anglo-marocain Amri Yahya. Un bel objet qui devrait, autant pour sa valeur que sa rareté, se vendre à plusieurs millions de dollars.

Le prochain album du Wu-Tang Clan sera une oeuvre réalisée par l'artiste anglo-marocain

Le prochain album du Wu-Tang Clan sera une oeuvre réalisée par l'artiste anglo-marocain Yahya

"La musique est un art"

Mais avant qu'il ne trouve preneur, le Wu-Tang verra son album prendre la direction de musées, de galeries comme de festivals de musique dans le monde entier. Les fans devront payer pour écouter. Une tournée démente pour un objet qui l'est tout autant et une manière atypique de sacraliser le concept d'album, quelques mois après que Beyoncé a sorti son album par surprise, obligeant ses fans à l'acheter de la première à la dernière piste.

D'après le membre du Wu-Tang RZA, "nous allons créer une oeuvre d'art comme personne ne l'a jamais fait dans l'histoire de la musique moderne [...]. Nous allons faire une vente unique d'un objet collector. C'est comme si quelqu'un possédait le sceptre d'un roi égyptien".

Et d'ajouter :

L'idée que la musique est un art est une chose que nous défendons depuis des années. Et pourtant elle ne reçoit pas le même traitement que l'art d'un point de vue financier, en particulier où, de nos jours, la musique a été dévaluée au point même qu'on la donne gratuitement.

Une fois que la tournée d'écoute de l'album sera terminée, l'album sera vendu. Son futur propriétaire pourra en faire ce qu'il voudra. Deux hypothèses quant à la teneur du futur propriétaire : une marque, pour la gloire, ou un particulier qui aura deux options. Soit préserver les morceaux du public soit, de manière presque charitable, libérer les titres et les offrir au monde. On espère que la qualité sera au rendez-vous.

Un précédent français : Jean-Michel Jarre

Cette initiative fait immédiatement penser à celle de Jean-Michel Jarre. En 1983, le Français doit composer un album dont le thème est une musique de supermarché dans le cadre d'une exposition qui se tient au cours de juin 1983. Le résultat, Musique pour supermarché, produit en disque vinyle, ne sera pressé qu'à un seul exemplaire.

Vendu aux enchères à l'hôtel Drouot pour la somme de 10 519 euros, il ne sera diffusé qu'une seule fois à la radio, sur RTL. Le mot d'ordre de l'époque ? "Piratez-le !". C'est ce qu'avait affirmé Jean-Michel Jarre.

Par Louis Lepron, publié le 27/03/2014