La vente de vinyles a battu des records en 2012

Selon un rapport de l'IFPI (International Federation of Phonographic Industry), la vente de vinyles aurait atteint un niveau inégalé depuis 1997 dans un marché de la musique enregistrée (enfin) en croissance. Un état de fait qui cache cependant de nombreuses disparités. 

Le rapport annuel de l'IFPI est un baromètre non négligeable pour ce qui est de l'industrie musicale. Et l'état des lieux de l'organisme prend une saveur toute particulière cette année après l'annonce de l'augmentation de bénéfices en hausse pour l'industrie musicale. Un constat que corrobore le rapport ajoutant même qu'il s'agit de la première fois depuis 1999.

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Nouvel Eldorado pour l'industrie musicale

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Mais à y regarder de plus près, par delà les effets d'annonce et de langage, le panorama n'est pas si évident.

L'étonnement porte d'abord sur le lieu d'expansion du secteur. Car si le constat est celui d'un accroissement du chiffre d'affaire de la musique enregistrée au niveau planétaire, l'IFPI confirme une baisse tendancielle de celui-ci aux Etats-Unis (- 0,5%) et en Angleterre (- 6,1%), bastion traditionnel.

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Si hausse il y a, elle est à chercher du côté de nouveaux marchés, eldorado pour les majors, valorisation d'une production musicale spécifique selon la région du monde ciblée. Dans cette expansion tous azimuts, portée par les pays émergents notamment, le rapport pointe l'explosion de la vente de musique en Inde selon une croissance de 22,1% pour l'année qui vient de s'écouler.

Un marché de la musique enregistrée à deux vitesses

Outre cette hausse contrastée, c'est le diagnostic d'un marché de la musique à deux vitesses que le dernier rapport de l'IFPI livre.

D'un côté, le streaming et le digital continuent de faire recette. Et à s'octroyer une part du lion toujours plus importante. La ruée vers le streaming se poursuit et les revenus générés par l'écoute de musique en ligne représentent à présent près de 20% des revenus totaux de l'industrie musicale.

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Frances Moore, PDG de l'IFPI commente :

Cette augmentation n'est pas un hasard. L'industrie musicale a su s'adapter au digital. Aujourd'hui, celle-ci offre aux consommateurs un spectre large d'expériences digitales et a trouvé de moyen de monétiser le tout par différents business modèle.

vinyle

Pour le pendant physique, ce  sont des chiffres inquiétants que propose l'institution. Malgré la bonne resistance du "vinyle" dont les recettes cumulées atteignent un montant de 177 millions de dollars inégalé depuis 1997, les résultats pour les autres supports sont mornes : 833 millions de CDs vendus en 2012 contre près de 910 en 2011, de 5 vers 2 millions pour les cassettes audios.

A propos de la galette noire dont on avait déjà évoqué la permanence, deux remarques s'imposent. Tout d'abord, il convient de préciser que ce score historique ne reflète en aucun cas la diversité des situations rencontrées. Car si Adèle et Flying Lotus vendent beaucoup, la chose est toute autre pour des musiciens à la notoriété moins assise. Même pour James Blake.

Plus encore comme le rappelait Presse Citron il y a une semaine de cela, en se basant sur les chiffres du rapport Nielsen sur l'état du secteur musical en Amérique du Nord (Canada, USA), s'il est un bastion où la vente de vinyle est en hausse quasi systématique c'est bien dans ces pays, comme le prouve l'infographie ci-contre.

Le rapport complet est disponible par ici (contre une compensation pécuniaire). Ces grandes conclusions (gratuitement) par là.

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Par Tomas Statius, publié le 09/04/2013

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