Manspreading : une étudiante russe fait polémique en versant de la javel sur des hommes

Une vidéo montrant une femme verser de l’eau de javel sur des hommes prenant trop leurs aises dans le métro de Saint-Pétersbourg est devenue virale, déclenchant au passage un vif débat.

Le 25 septembre, Anna Dovgalyuk a posté sur sa chaîne YouTube ce qu’elle a appelé un "manifeste contre le manspreading". Le mot "manspreading" désigne la fâcheuse manie de beaucoup trop d’hommes à s’asseoir dans les transports en commun en écartant les cuisses, ce qui leur fait occuper plus de place, très souvent au détriment des femmes.

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La vidéo de l’activiste et étudiante en droit montre une femme (probablement l’une de ses amies) déversant un liquide sur l’entrejambe d’hommes faisant du manspreading, dans le métro de Saint-Pétersbourg. La jeune femme aurait utilisé un mélange à base d’eau de javel, qui "mange les couleurs du tissu, laissant des taches indélébiles". Pourtant, comme le rappelle L’Obs, ce liquide n’est pas sans risque : "La javel est en effet un produit particulièrement corrosif et irritant pour la peau."

Avant d’être supprimée par YouTube pour non-respect des règles "concernant le harcèlement et la cyberintimidation" (la vidéo ci-dessus est une copie partielle), la vidéo a été vue plus de 3 millions de fois. Selon la militante, "ces hommes qui manifestent leur virilité devant des femmes et des enfants méritent le mépris". Elle a ajouté que le gouvernement russe ne faisait pas suffisamment d’efforts pour contrer le manspreading.

D’après The Independent, le site russe Rosbalt aurait accusé la jeune femme d’avoir tout mis en scène, mais l’activiste dément ces accusations.

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La haine des internautes

Si sa démarche est discutable (notamment parce que des innocents auraient pu être blessés), la jeune femme a tout de même réussi à attirer l’attention du public sur ce phénomène. En revanche, beaucoup d’internautes ont répondu à son action par la haine.

Sur le profil Facebook d’Anna Dovgalyuk, les commentaires insultants se multiplient. Certains la traitent ainsi de "folle", de "pute" et de "féminazi", tandis que d’autres lui souhaitent de mourir ou de se faire violer. "Pauvre idiote, si elle avait deux boules entre les cuisses, elle laisserait, elle aussi, un certain espace de confort aux baloches", écrit ainsi un homme sur YouTube. Cependant, quelques-uns, moins nombreux, saluent son action.

Alors que beaucoup d’hommes trouvent le manspreading normal – sous prétexte qu’il permettrait de laisser respirer leurs parties intimes – un nombre croissant de grandes villes s’attaquent au problème. En 2014, New York était ainsi l’une des premières métropoles à lancer une campagne contre le manspreading. La police locale a même arrêté des hommes en flagrant délit. En Europe, la mairie de Madrid a suivi cet exemple, avec des signes invitant les hommes à "respecter l’espace des autres" dans les transports.

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Nous avons essayé de contacter Anna Dogvalyuk pour en savoir plus, mais nous attendons encore sa réponse.

Par clara hernanz, publié le 28/09/2018

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