The Twilight Sad, éloge du cafard

The Twilight Sad vient de dévoiler "There's a Girl in the Corner", une nouvelle chanson où le cafard magnifique des Écossais nous rappelle leur génie. 

Même à son zénith, le soleil d'Écosse un peu pâlot éblouit The Twilight Sad.

Même à son zénith, le soleil d'Écosse un peu pâlot éblouit The Twilight Sad.

Déçu de ce que devient Interpol ? Il est temps pour vous de connaître The Twilight Sad. Un nom qui ne trompe pas, d'ailleurs : la musique de ce trio ne vous donnera pas exactement envie de sauter de joie, mais plutôt de déprimer allègrement sous la chape de plomb grisâtre et épaisse qu'on appelle le ciel dans son Écosse natale.

Publicité

"There's a Girl in the Corner" est le premier extrait du nouvel album de The Twilight Sad, le premier depuis deux ans, à paraître le 28 octobre chez Fat Cat Records - meilleur nom de label, en passant. Cette chanson devrait vous rappeler une fille qui vous a quittée, un ami que vous ne voyez plus, un parent décédé ou quoi que ce soit d'autre : l'important c'est que ce soit douloureux. Parce que si The Twilight Sad n'a pas l'apanage des chansons tristes, il faut remarquer qu'ils excellent dans l'art de les jouer – et que parfois, une chanson triste, c'est tout ce dont on a besoin.

"There's a Girl in the Corner" est à écouter ici, ou bien exclusivité chez Noisey US.

Publicité

Formé en 2003, le groupe partage une élégance dans la tristesse qui reste sans pareille dans l'indie rock des îles britanniques. Peut-être parce qu'elle est sincère, leur chanteur James Graham déclarant à propos des paroles du premier album : "Les chansons parlent à peu près toutes de ce qui nous est arrivé, des gens qu'on connaît et d'où on habite".

Ils s'inspirent de Leonard Cohen, Sonic Youth ou Serge Gainsbourg et ils ont prouvé qu'ils savaient reprendre à la fois Joy Division, les Smiths et les Yeah Yeah Yeahs. Mais leur son s'approche plus de la sombre progéniture qu'auraient pu enfanter Interpol et My Bloody Valentine après une soirée beaucoup trop longue passée à hanter des bars beaucoup trop glauques en tapant de la cocaïne beaucoup trop mauvaise. Du moins c'est comme ça que je l'imagine.

Tristesse contemporaine

L'expérience comme source d'inspiration, donc. Avec en toile de fond la dépression des paysages post-industriels de la lande écossaise. Les souvenirs, les regrets, et toutes ces histoires qui ne pourraient pas être aussi sincères si on ne les avait pas vécues. L'empirisme comme éclosion créative, d'abord au fond du cœur puis sur la partition. C'est ce qui fait de leur musique un écrin douillet pour qu'enfin on nous laisse cultiver à loisir notre souverain cafard.

Publicité

À travers trois disques sortis entre 2007 et 2012, The Twilight Sad a eu le temps de marquer d'obscures publications avec de petites pépites indé telles que "That Summer, at Home, I Became the Invisible Boy", ou la plus sombre encore "Reflection of the Television".

On souhaite avec toute la force que la béante noirceur de leur musique nous inspire que le prochain disque, Nobody Wants to Be Here and Nobody Wants to Leave, soit au moins aussi crépusculaire que les précédents. Réponse le 28 octobre.

Publicité

Par Théo Chapuis, publié le 19/08/2014

Pour vous :