Trois questions à Brice, directeur artistique du Weather Festival

Ce qui était une rumeur est devenue une machine à danser rodée. La Concrete prend de l'âge et grandit. Nouvelle évolution ? Le Weather Festival du 17 au 19 mai, c'est 72 heures de teufs, de dancefloor et de musiques de qualité un peu partout dans Paris. Pour l'occasion, on a rencontré Brice, le directeur artistique, et on lui a posé trois questions. 

L'équipe du Weather - Brice au premier plan, sweat à capuche gris et crâne rasé

Le projet Concrete c'est quoi ?

Avec une bande de potes on voulait organiser des soirées où on avait envie d’aller. C'est pour ça qu'on a crée Concrete. Dès qu’on a vu que ça commençait à marcher, on s’est dit qu’on ne voulait pas faire des événements underground. Notre ambition, c’était de faire grandir la scène, faire de la musique underground et la faire découvrir. Et ça l'est toujours. 

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Weather Festival

Par "underground", je n'entend pas un positionnement musical particulier : on peut faire aussi bien de la house, que de la techno, ou même un peu de Dubstep (UK) et des trucs un peu disco. Mais on fait une sélection difficile, on cherche les trucs à la pointe, pas forcément les artistes qui sont plus d’actualité. On préfère faire venir quelqu'un de pas connu auquel on croit artistiquement qu'un artiste sur le déclin mais "bankable". 

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En plus de ça on voulait avoir un projet global. Un de mes modèles c’est Ostgut Ton [célèbre entreprise Berlinoise] qui est adossé au Berghain [plus grand club de la capitale allemande]. J’aime bien cette cohérence. Ils ont leur club, leurs artistes, ils défendent une musique particulière, avec leur agence de booking et leur label. Sur le même modèle, Concrete c'est maintenant une équipe de résidents, une agence de booking et un label. On a fait chaque chose en son temps. 

Et donc le Weather c’était dans cette continuité : faire des teufs de plus en plus grosses tout en restant sur une ligne musicale pointue. Celle qu’on défend.

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Le Weather c'était quoi l'idée ?

Le but avec le Weather Festival c’est de s'inscrire dans la lignée des gros festivals européens comme Time Wrap, Sonar et cie. Mais aussi de dire : des grands festival techno, il y en a partout en Europe, partout en France, et à Paris il n’y a aucun évènement qui vaille le coup. Donc nous, on veut mettre Paris sur la carte et réitérer l'essai chaque année.

Weather Festival

 Après on a voulu avoir une approche un peu particulière

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D'abord un format et un lieu : le gros du festival se passe le samedi après-midi jusqu’au dimanche matin au Palais des Congrés de Montreuil. Autour de cela, pas mal d’évènements sont organisés le vendredi soir et le dimanche jusqu’au lundi matin.

Palais des Congrés de Montreuil

Ensuite, c'était un souhait de collaborer avec d’autres organisateurs qui ont une ligne artistique intéressante. Cette année ce sera pas mal avec SNTWN [ou Sonotown] qui font des évènements à la Machine, ou avec Absent.

Enfin, en lien avec ce qu'on disait à propos du manque d'évènements de ce type dans la capitale, l'idée c'est aussi d'ancrer le festival au niveau européen. Ce qui fera dire aux gens : « bah je peux venir à Paris la semaine du Weather Festival et pendant quatre jours voir plein d’artistes à plusieurs endroits », et permettre à nos artistes d'être bookés à l'étranger. 

Tes rendez-vous au Weather ?

Mes artistes d'abord.

Le live de Robert Hood, ensuite. C'est quand même le mec qui a inventé la minimale, et en plus c'est la première fois qu'il propose ce type de show à Paris. Ça va être énorme.

Ensuite il va y’avoir ceux qui vont jouer en dernier dans la grande salle les trois roumains Raresh, Petre Inspirescu et Rhadoo. Ils font partie d'une grosse scène émergente en Roumanie. C’est un peu les descendants de Villalobos, mais là c’est du dancefloor puissance 10 000. Leur approche est vraiment intéressante : ce sont des mecs qui jouent à Ibiza : leur musique est hype, dancefloor, mais aussi fine, travaillée, habile et spectaculaire (ils mixent à trois). Ça va être un moment fort du festival.

Et après, il y a l’after tout le lendemain à Concrete qui sera accès house américaine avec Kerri Chandler, Theo Parrish. Et Robert Hood reviendra probablement jouer. 

Bonus : [konkri:t] ou Concrete ?

Concrete ? L’idée, c’était la signification anglaise : le béton, quelque chose de solide, qui dure dans le temps. Mais comme tout bon français, on ne prononce pas à l’anglaise. Le nom est resté sous cette prononciation pour faire un clin d’œil à la musique "concrète" pour notre label. 

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Par Tomas Statius, publié le 03/05/2013

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