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En écoute : Tranquility Base Hotel & Casino, le nouvel album brillant des Arctic Monkeys

Publié le

par Rachid Majdoub

Après cinq ans d’absence, la bande d’Alex Turner est enfin de retour en musique. Et la lumière fut…

Le rendez-vous était pris avec sa majesté. Dans une ambiance tamisée, Alex Turner et sa bande nous attendent, posés sur un canapé en cuir. Autour d’eux, les lustres et le marbre de leur antre nous accueillent dans une chaleur enivrante. Déboutonnez le haut de votre chemise, et détendez-vous pour un voyage glam rock élégant.

Cinq ans après avoir conquis le monde avec leur cinquième album, AM, enchaînant les loopings dans tous les sens, les Arctic Monkeys calment leurs ardeurs avec un essai de 11 titres agréablement surprenant. Un virage à 180 degrés réussi, nous embarquant dans un univers clair-obscur où les étincelles brillent de mille feux. Au milieu, une perle rare jamais observée précédemment dans la discographie du groupe de Sheffield : Tranquility Base Hotel & Casino.

Un album qui s'inscrit dans la continuité de leur carrière, et au cours duquel le quartet britannique pousse son potentiel en cassant ses codes établis pour passer du garage au lounge, dans une chambre luxueuse (faut bien évoluer), entre storytelling torturé et guitares-synthés bien huilés. Un changement de direction visionnaire qui ne ravira pas forcément certains fans de première heure, ou des médias comme Rolling Stone.

TBHC démarre avec une référence aux Strokes dans la piste introductive, qui nous emmène tranquillement vers une ballade raffinée : "One Point Perspective". Nous voici prêts pour l’enchaînement fascinant des morceaux "Tranquility Base Hotel & Casino", "Golden Trunks", "Four Out of Five" et sa gratte grasse. On est au cœur du joyau dont on ne ressort pas, repartant pour un tour de montagnes british avec "The World’s First Ever Monster Truck Front Flip".

Si le projet ne laisse pas émerger de vrais singles apparents à la première écoute, il offre son lot de découvertes au fur et à mesure qu’on se repasse la bande, jusqu’au plus profond de chaque chapitre. Car avant la sortie de ce sixième album, aucun titre n’en a été dévoilé, histoire de préserver la couleur de la pierre façonnée par le crew d’Alex Turner, leader de grâce. Au terme de quelques années passées à aiguiser aussi bien sa barbe que son style musical, ses textes et son groove, parfaitement mariés à une production digne des plus grands bands du siècle dernier.

Appréciez, on s’en reparle.

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