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Le CSA annonce (enfin) une procédure de sanction contre TPMP

Publié le

par Bérénice Rebufa

Après de nombreuses plaintes pour des débordements survenus pendant l'émission, le CSA a engagé le 23 novembre une procédure de sanction contre Touche pas à mon poste et C8. 

(© C8)

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) s'est enfin prononcé au sujet de l'émission de C8 Touche pas à mon poste et de son animateur vedette, Cyril Hanouna, souvent border line. "Saisi de très nombreuses plaintes", le CSA a annoncé le 23 novembre "une mise en garde et une mise en demeure à l’encontre de l’éditeur de la chaîne C8". Des personnalités politiques comme Laurence Rossignol, ministre des Familles, avaient également pris part au débat et signalé certaines séquences de l'émission au gendarme de la télévision.

Trois débordements, c'est trop

Le CSA fait notamment référence à trois dérapages de l'émission. Le premier est celui du 27 septembre, lorsque Cyril Hanouna avait ouvertement insulté son chroniqueur Matthieu Delormeau en direct. L'animateur avait affirmé que Matthieu Delormeau s'était fait virer "comme une merde" de la chaîne NRJ 12, en ajoutant que c'était un "bouffon".

Le CSA s'était aussi inquiété le 3 novembre, quand le même chroniqueur avait été victime d'une farce de "baba". Témoin d'une scène de crime fictive, Matthieu Delormeau avait été poussé par Hanouna à en assumer la responsabilité. Cette mauvaise blague avait mis en larmes le chroniqueur, qui n'arrivait pas à se remettre de son émotion forte (toujours en live).

"L'agression verbale de l'animateur à l'encontre de l'un des chroniqueurs constituait un manque de retenue dans la diffusion de telles images susceptible d'humilier les personnes", déclare le CSA dans un communiqué, dans lequel il se dit "préoccupé du caractère répété de ce type de séquences et des effets d'imitation que cela peut induire auprès du jeune public".

Entre ces deux débordements, un autre incident sur le plateau de C8 a généré de nombreuses plaintes : l'agression sexuelle pendant Les 35 heures de direct de baba. Le 13 octobre, Cyril Hanouna avait poussé Jean-Michel Maire à embrasser le sein d'un comédienne sans son accord, en plein direct. Téléspectateurs et membres de la scène politique s'étaient indignés devant leurs écrans. Le CSA accuse ainsi l'émission de diffuser "des préjugés sexistes en présentant une image dégradante de la femme".

Les (mauvais) arguments d'Hanouna

Face à cette répétition de bourdes de la part du présentateur et de son équipe, le CSA ne pouvait que réagir par une sanction. Elle n'est pas encore prononcée, mais le président du Conseil, Olivier Schrameck, a annoncé à Europe 1 le 22 novembre que l'émission en risquait bien une. Cyril Hanouna n'a bien sûr pas pu s'empêcher de répondre à l'homme, qu'il compare à un "proviseur", tout en essayant de le brosser dans le sens du poil. "On respecte le CSA, c'est comme à l'école, on a un proviseur, et bien voilà on le respecte", a déclaré l'animateur lors de son émission du même jour.

Pour sa défense, l'animateur insiste également sur le fait que son programme est en direct et qu'une erreur arrive vite, en signalant bien qu'il n'y a pas eu beaucoup d'incidents dans l'émission. "Nous, on est en direct. On essaye de s'amuser tous les jours, juste de divertir les gens. Il y a des millions de téléspectateurs qui nous suivent tout les jours, qui se divertissent avec nous. [...] Il peut y avoir des dérapages, mais on est vraiment dans le divertissement...", se justifie-t-il. "Ça fait sept ans que l'émission existe, il y'a trois dérapages signalés au CSA", ajoute Cyril Hanouna. Oui, enfin, trois dérapages en deux mois, on ne peut pas dire que ce n'est rien non plus.

Le CSA est actuellement en train de délibérer sur la sanction à infliger à l'émission, mais il "demeurera vigilant quant au respect, par l'éditeur, de la personne humaine et notamment de la protection du jeune public dans ses émissions, y compris de divertissement, afin que ne se banalisent pas des formes d'humiliation physique, verbale ou psychologique". La sanction peut aller d'une simple amende à la suspension de l'émission.

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