Crédit : Engle

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The Undersiders : l’incontournable podcast sur les barons de la drogue qui ont influencé le hip-hop

The Undersiders. Cette production audio chiadée raconte comment les plus intraitables barons de la drogue ont influencé la culture hip-hop aux États-Unis. À écouter d’urgence.

Les gangsters et les trafiquants de drogue ont toujours été légion dans le hip-hop. Nos rappeurs préférés prennent d’ailleurs un malin plaisir à y faire référence dans bon nombre de leurs titres. Certains les glorifient et s’inspirent d’eux pour raconter des histoires, d’autres s’emploient carrément à perpétuer leur héritage en vivant leur vie. Mais ces références ne sont en réalité que la partie émergée de l’iceberg. Les cadors du rap US ont historiquement un lien bien plus étroit qu’il n’y paraît avec ces barons de la drogue.

Lors de l’émergence du hip-hop dans les années 1980, les grandes villes américaines sont gangrenées par la culture des gangs, le trafic et la consommation grandissante de cocaïne, d’héroïne et de crack. Ceux qui tirent leur épingle du jeu, ce sont ces dealers qui en ont vite compris les rouages. Big Meech, Harry O ou encore Kenneth "Supreme" McGriff, leurs histoires sont connues, mais ce qui l’est moins, en revanche, c’est l’action directe ou indirecte de ces millionnaires intraitables qui a permis l’ascension de certains piliers du rap américains comme Dr. Dre, 50 Cent, Jay-Z, Lil Wayne, Young Jeezy ou encore Rick Ross.

C’est justement à ces histoires de l’ombre que s’intéresse The Undersiders, une série de podcasts audio (disponible en français et en anglais) produits par la société Engle. Grâce à des interviews et en s’appuyant sur des archives écrites, sonores, vidéos et des références directes issues de morceaux de rap, François Cusset, épaulé par la voix charismatique de Jérémie Covillault, nous fait revivre en huit épisodes de 20 à 25 minutes en moyenne, l’histoire et le destin incroyables de huit rois de la rue, autrefois modèles de réussite dans les ghettos. Le tout sans omettre de confronter leurs parcours au contexte économique, politique et social de leur époque : "En optant pour cette arche narrative, nous souhaitions bien sûr nous adresser à un public fan de hip-hop et de culture urbaine, mais aussi élargir à tous ceux qui sont fascinés par les histoires de criminalité", explique le créateur.

Mais outre son storytelling aussi prenant que glaçant, l’autre force de ce podcast, c’est l’immersion qu’il offre à son auditeur. En effet, The Undersiders ne se contente pas de raconter, sans juger ni glorifier, des histoires vraies, il s’emploie aussi à habiller son récit d’effets sonores et de musiques spécialement composées pour l’occasion. Une véritable saga audio en somme : "L’ajout d’un univers sonore dédié permet de rendre l’écoute plus immersive et de rentrer tout de suite dans l’histoire", précise François Cusset.

Les huit salopards

(© Engle)

Et puisqu’il nous faut justement rentrer dans le vif du sujet, le premier épisode est dédié à Michael Harris aka Harry O. Originaire de South Central, Los Angeles, ce jeune caïd fait fortune dans la vente de cocaïne et de crack, faisant de sa ville natale son empire. Lorsqu’il se retrouve en prison, il se tourne vers la musique comme porte de sortie. Il voit ainsi le boom du gangsta rap en 1991 comme une aubaine.

Jouant de ses relations avec le magnat du hip-hop Suge Knight – récemment condamné à 28 ans de prison –, il investit 1,5 million de dollars issu de son business crapuleux dans la création de Death Row Record et se sert de cet argent pour financer ses artistes. La suite de l’histoire est connue : le label sera synonyme de l’apogée du hip-hop West Coast des années 1990.

On comprend ainsi que sans ce "bienfaiteur financier", les talents de Dr. Dre et de ses camarades 2Pac, Snoop Dogg ou encore son crew The Doggpound, n’auraient peut-être pas éclaté. Du moins, pas de la même façon. En ce qui concerne Harry O, il est encore aujourd’hui derrière les barreaux et, fun fact, n’aura même jamais profité de son investissement initial. En guise de lot de consolation, il a tout de même son nom gravé dans la liste des remerciements de l’album The Chronic, premier album du célèbre Docteur devenu milliardaire.

Maintenant que le décor est planté, à vos casques et laissez-vous emporter par ses histoires vraies de grandeur et décadence à l’américaine, mêlant personnages fascinants, crimes, musique, ambitions et trahisons. En attendant la saison 2 qui est déjà dans les fourneaux.

Par Jérémie Léger, publié le 28/09/2018

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