SZA, étoile montante du R'n'B, sort son premier album

SZA creuse un peu plus son trou sur la scène hip-hop. New-yorkaise à l'imagination sans borne, unique artiste féminine du label Top Dawg Entertainment, SZA distille un R'n'B nouveau. À l'occasion de la sortie de son tout premier album, zoom sur cette artiste prometteuse.

SZA © Vogue

SZA © Vogue

Après deux EP remarqués ("See.SZA.Run" et "S") et des collaborations avec ScHoolboy Q et Isaiah Rashad, le tout premier opus de SZA est finalement dans les bacs. De son vrai nom Solana Rowe, cette New-yorkaise de 24 ans dévoile aujourd'hui Z, un album sur lequel figurent quelques pontes de la scène hip-hop actuelle.

Publicité

On y retrouve en effet trois morceaux en collaboration avec Chance The Rapper, Kendrick Lamar et Isaiah Rashad (tous deux présents sur Top Dawg Entertainment), ainsi que des productions soigneusement élaborées par Toro y Moi, Emile Hayne ou encore Mac Miller.

Si le jazz reste sous-jacent tout le long de l'album (notamment avec le très organique "Sweet Novembre"), Z est surtout marqué au fer rouge par le cloud R'n'B, qui ne cesse de se développer ces dernières années avec des artistes comme Clams CasinoKelela ou Jhené Aiko. Ce tout premier album délivre dix tracks marquées par la voix soul de SZA, qui s'entremêle à merveille à des beats lents et aériens. Comme un appel à l'évasion.

Publicité

Recréer son univers musical

L'évasion par la musique, une nécessité évidente pour SZA. Enfant, elle n'avait le droit d'écouter que ce que ses parents, très conservateurs, voulaient bien lui autoriser. Des chanteurs et musiciens comme Miles Davis, John Coltrane, Louis Armstrong ou Ella Fitzgerald, dont la famille jouait les CDs en boucle.

Dans une interview accordée à Complex Magazine, SZA se souvient de son admiration pour sa demi-sœur qui, n'ayant pas la même mère, était autorisée à écouter le rap de Wu-Tang, ou celui de Lil Jon. Des artistes musicalement situés à des années lumières du jazz imposé par ses parents. "Une fois, j'ai acheté un CD de Lil Jon que ma sœur écoutait. [...] Bien évidemment, mon père a trouvé le CD, l'a jeté et m'a punie", confie la chanteuse.

Désormais adulte, SZA se recrée un univers musical bien à elle, qu'elle construit avec de nouvelles influences, et son imagination :

Publicité

Quand tes parents réglementent absolument tout ce que tu écoutes, ça te force à devenir créatif. Ça a déclenché mon goût pour l'écriture et stimulé mon imagination hyperactive. J'ai passé beaucoup de temps seule, isolée de la culture "normale". Alors j'ai créé la mienne.

La caution féminine de Top Dawg Entertainment

Bridée durant toute son enfance, SZA est comme une bombe à retardement qui vient tout juste d'exploser. Avec Z, elle arbore fièrement les couleurs de son univers artistique au sein d'un des labels de hip-hop les plus fructueux du moment. En février dernier, Anthony "Top Dawg" Tiffith, le directeur général de Top Dawg Entertainement, tweetait d'ailleurs que la voix de SZA viendrait apaiser le label :

Publicité

Car le label californien, fondé en 2004 par Anthony "Top Dawg" Tiffith et Terrence "Punch" Henderson, est un concentré de productions entièrement masculines. Et pas des moindres, puisqu'il regroupe en son sein Kendrick Lamar, ScHoolboy Q, Ab-Soul et Jay Rock (qui forment à eux quatre le collectif Black Hippy), ainsi qu'Isaiah Rashad.

Mais faire sa place au sein d'un club de garçons n'est pas une mince affaire. Lorsqu'elle passe les portes du label en 2011, SZA apparaît comme l'outsider. Dans une interview accordée à Billboard, elle raconte :

J'étais cette fille banale venue d'une petite ville, qui portait des Converse dégueulasses et n'était jamais coiffée. Je crois qu'il ne savait pas trop quoi faire de mon cas. Au début, ils me regardaient comme si j'étais un alien. Du style : "Ta musique est bizarre, t'es bizarre, mais on t'aime bien".

Avec Z, SZA réussira sans nul doute à convaincre bien plus que les membres de son clan.

De gauche à droite : ScHoolboy Q, Kendrick Lamar, Jay Rock et SZA

De gauche à droite : ScHoolboy Q, Kendrick Lamar, Jay Rock et SZA © BET Hip Hop Awards

L'abum Z en streaming :

Par Naomi Clément, publié le 08/04/2014

Pour vous :