Suuns partage un court-métrage minimaliste pour l'inquiétant "Sunspot"

Le groupe de Montréal Suuns revient avec un court-métrage fascinant et minimaliste pour le clip officiel de "Sunspot".

Après un Zeroes QC fantastique sorti en 2011 (et qui les a fait connaître), Suuns s'est fendu d'Images du Futur, un second album moins brut, plus poli, mais toujours aussi précieux. Parmi les titres qui émaillent l'album d'electronica sombre mais jamais fatigante, la chanson "Sunspot" est l'une des plus fascinantes.

Une pompe acoustique, quelques nappes de cordes et de synthé légères, la voix trippée de Ben Shemie et le fantôme du krautrock allemand en toile de fond. Non, ce n'est pas Radiohead sous Quaalude. C'est Suuns.

Publicité

Pour ce "clip officiel", le groupe délivre sa chanson lors des quatre premières minutes du film. Le reste est une vidéo qu'on pourrait qualifier d'expérimentale, explorant les thèmes de la répétition dans notre quotidien et de l'absolution. Mais si vous lisez jusqu'ici, c'est que vous le savez déjà : Suuns est un groupe profond qui ne fait pas les choses à moitié.

Art minimal, immersion maximale

La forme de "Sunspot" est très largement inspirée de la vidéo de l'artiste minimaliste Richard Serra, Hand Catching Lead, réalisée en 1968. Voilà ce que Ben Shemie raconte à The Quietus de sa première rencontre avec son travail :

Publicité

Cette petite vidéo brute m'a vraiment frappé. Il y a quelque chose dans la simplicité de la contemplation des mains de l'artiste, cette authenticité est vraiment intense. [...] La pulsion de se laver les mains, comme pour s'absoudre de ses péchés, est quelque chose de très puissant. Ce comportement compulsif, quel que soit le contexte, peut parler à chacun de nous.

Ce plan séquence qui clôt la vidéo n'est pas seulement exigeant physiquement, mais aussi difficile pour le spectateur. La répétition, dénominateur commun de la nature vaguement drone de la musique de Suuns, joue des tours sur notre sens du temps et entraîne les thèmes fanatiques et compulsifs de la vidéo jusqu'au seuil de notre tolérance.

Par Théo Chapuis, publié le 29/08/2014

Pour vous :