Sur Beat Delete, des vinyles à la demande

Inspirée par une employé de Ninja Tune, soutenue par le célèbre label anglais (entre autres), Beat Delete propose sur le modèle du crowdfunding de presser des vinyles oubliés depuis longtemps ou trop confidentiel pour représenter un intérêt financier. 

C'est un projet dont les racines sont à chercher dans un évènement dramatique pour la musique indépendante. Le 8 août 2011, en pleines émeutes de Londres, un entrepot prend feu à Enfield dans le nord de la capitale britannique. Cet entrepot était celui du distributeur PIAS et recelait des trésors musicaux : étaient entreposé entre 3,5 et 25 millions de disques provenant de 100 labels indépendants en attente d'être distribués dans l'Europe entière. Partis en fumée.

Publicité

La perte est d'autant plus préjudiciable qu'elle ne fut jamais comblée. Oubliés, trop confidentiels pour être réédités par des labels aux trop faibles moyens financiers, certains de ces disques étaient perdus à jamais (en physique). Et j'utilise l'imparfait à dessein.

Beat Delete : préservation de la mémoire musicale

L'idée a germé chez Ninja Tune de remédier à cette perte monumentale. Alors, effectivement, malgré l'énorme respect dont jouit le label et sa relative santé financière, il était inconcevable que celui-ci prenne en charge l'ensemble de la production (d'autant plus que le catalogue à "re-presser" est énorme). Alors, s'inspirant du modèle de Kickstarter, basé sur le soutien financier des internautes, le projet Beat Delete a été lancé obtenant rapidement le soutien d'acteurs indépendants comme Domino ou Brainfeeder.

Le principe est le même qu'à l'accoutumée en ce qui concerne le crowdfunding : un projet est présenté (en l'occurrence l'édition d'un disque) et lui y est adjoint une somme minimum nécessaire pour le mener à bien. Beat Delete base ainsi son modèle économique sur l'engagement des internautes à acheter le disque une fois produit.

Publicité

Beat Delete

Capture d'écran du site de Beat Delete

Et ça marche. Peu après le lancement plusieurs projets sont en passe d'être réalisés en ayant obtenu le budget qui leur est nécessaire. Le premier semble être la réédition du double LP de Daniel Dumile aka. MF DOOM aka. DOOM aka. King Geedorah, Take Me To Your Leader. Suivent derrière  des chouchous de l'écurie Ninja Tune comme Mr. Scruff ou Amon Tobin, l'enfant chéri de la grime Roots Manuva, le premier album Florida du producteur américain Diplo.

King Geedorah feat. MF DOOM & Mr. Fantastik - Anti Matter

Publicité

On vous conseillé également : 

Source : FACT

Publicité

Par Tomas Statius, publié le 19/02/2013

Copié

Pour vous :