Sundance 2015 : les 8 films qu'on a hâte de découvrir sur nos écrans

Alors que Sundance, le festival américain de cinéma indépendant, s'est achevé dimanche 1er février, petit récapitulatif des films que l’on attend de pied ferme dans nos salles obscures.

Fondé en 1978, le célèbre festival de Sundance est connu pour récompenser – et révéler – chaque année le meilleur du cinéma indépendant. Après Whiplash de Damien Chazelle en 2014, cette année, c’est Me and Earl and the Dying Girl qui a raflé la mise en décrochant à la fois le Grand Prix du jury et le Prix du public. Et parmi les films qui ont fait parler d’eux outre-Atlantique, nous en avons retenu huit que l’on a hâte de découvrir sur nos écrans.

  • Me and Earl and the Dying Girl de Alfonso Gomez-Rejon

À commencer, bien évidemment, par le grand gagnant de cette année Me and Earl and the Dying Girl (Moi, Earl et la fille mourante), dirigé par Alfonso Gomez-Rejon. Le deuxième long métrage du réalisateur mexicain, connu pour avoir réalisé de nombreux épisode des séries Glee et American Horror Story, raconte l’histoire d’un adolescent réservé interprété par Thomas Mann (que l'on a pu voir dans Projet X) qui se lie d'amitié avec Rachel (Olivia Cooke) l'une de ses camarades de classe atteinte du cancer.

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Adapté d'une nouvelle de Jesse Andrews et largement applaudi par la critique, le favori de Sundance promet de nous émouvoir mais également de nous faire rire. Car selon Indiewire "ce film merveilleusement drôle, doux-amèr et inventif fera même fondre le coeur du plus cynique des spectateurs et le transformera en bouillie émotionnelle."

Me Earl and the Dying Girl de Alfonso Gomez-Rejon.

Me Earl and the Dying Girl de Alfonso Gomez-Rejon.

  • Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus

Autre film qui a largement fait parler de lui lors de cette 31e édition : Hot Girls Wanted. Réalisé par des ex-journalistes et photographes du Miami Herald, Jill Bauer et Ronna Gradus, le documentaire a fait l'effet d'une petite bombe lors de sa diffusion. Il s’intéresse au parcours de ces adolescentes américaines de 18-19 ans qui acceptent de tourner dans des films pornos amateurs pour quelques poignées de dollars.

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Hot Girls Wanted n’a pas laissé le public de Sundance insensible. Les réalisatrices elles-mêmes n’ont pas supporté la vue de certaines images lorsqu’il s’agissait de monter leur documentaire. “On ne pouvait même pas regarder, alors on a demandé à notre monteuse de regarder pour nous et de faire les choix”, se souvient Jill Bauer, en parlant d’une séquence de fellation forcée (pour lesquelles les jeunes filles reçoivent des primes), qui a été coupée à l’image mais dont le son a été conservé. Une plongée instructive dans une univers dans lequel il faudrait faire changer les choses.

Hot Girls Wanted de

Hot Girls Wanted de Jill Bauer et Ronna Gradus

  • Tangerine de Sean Baker

Si Tangerine a fasciné le public et la critique cette année à Sundance, c'est aussi bien par la qualité du film que par sa technique de réalisation. En effet, le film réalisé par Sean Baker a entièrement été tourné grâce à... un iphone 5S. Cela, en raison du peu de budget dont bénéficiait le long métrage, mais aussi grâce à la simplicité d'utilisation de l'outil qui a permis de "ne perdre aucune prise", raconte Baker.

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La comédie dramatique suit les aventures d'une transexuelle (Mya Taylor) qui, le soir de Noël, part à la recherche de la femme qui lui a brisé le coeur (Kiki Kitana) à travers Hollywood. Le résultat "totalement inattendu, nous emmène dans un monde que l'on a jamais visité", écrit The Verge. Et il pourrait bien arriver sur nos écrans puisque Magnolia Pictures a d'ores et déjà acquis les droits pour une distribution mondiale.

Tangerine de Sean Baker

Tangerine de Sean Baker

  • Mistress America de Noah Baumbach

Attention, le duo formé par Noah Baumbach et Greta Gerwig est de retour. Deux ans après Frances Ha, le réalisateur et l'actrice, qui avaient donné un sérieux coup de fouet à la comédie indé en 2013, présentent leur dernier né, Mistress America. Le film suit les aventure de la solitaire Tracy (Lola Kirke), dont la vie va être bouleversée par sa rencontre avec Brooke, sa belle-soeur (interprétée par Greta Herwig).

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Pour Variety, le film confirme que "Gerwig est l'une des comédiennes les plus géniales et intrépides de sa génération" et que le duo retourne "sur le terrain de leur Frances Ha". Au contraire pour The Guardian, il s'agit d'un "nouveau départ" pour eux. Quoi qu'il en soit, les critiques ont unanimement souligné l'humour du film, qui sera distribué par Fox Searchlight.

Mistress America de N

Mistress America de Noah Baumbach

  • Slow West de John Maclean

Slow West, réalisé par John Maclean, a décroché le prix du meilleur film étranger. Le long métrage, décrit comme un western psychédélique à l'humour noir, raconte le parcours de Jay Cavendish (Kodi Smit-McPhee), un jeune adolescent qui part à la recherche de Rose (Caren Pistorius), son amour interdit, à travers l'ouest américain du XIXe siècle. C'est alors qu'il croise la route d'un hors-la-loi (interprété par le génial Michael Fassbender) qui va le prendre sous son aile.

Malgré un rythme très lent, "on ne s'ennuit pas" écrit le critique Jordan Hoffman dans The Guardian. "Quand la musique, les paysages, et les images de Fassbender baigné par le soleil se mélangent, la fin se détache du post-modernisme et devient très touchante" conclut-il. De quoi nous mettre l'eau à la bouche.

Slow West de John Maclean

Slow West de John Maclean

  • Wolfpack de Crystal Moselle

Cette année encore, le festival a fait la part belle aux documentaires. Outre l'onde de choc provoquée par Hot Girls Wanted, c'est Wolfpack qui a décroché le Grand Prix de la catégorie. Dirigé par Crystal Moselle, le film suit la vie quotidienne des frères Angulo. Nés de parents ultra religieux, ils évoluent isolés de la société dans un appartement New-Yorkais. Les seuls choses qu'ils savent sur le monde extérieur, ils l'ont appris à travers les films qu'ils ont le droit de regarder. Mais l'équilibre de la fratrie se retrouve menacé le jour où l'un d'eux arrive à s'échapper pour s'introduire dans le monde réel.

Les droits du films ont d'ores et déjà été achetés par Magnolia Pictures, et son président Eamonn Bowles dit que c'est un film "astucieusement conçu, tout à fait unique et profond sur l'irrépressible curiosité intellectuelle." Une histoire aussi extraordinaire que glaçante que l'on a hâte de pouvoir découvrir en profondeur.

Wolfpack de

Wolfpack de Crystal Moselle

  • Kurt Cobain : Montage of Heck de Brett Morgen

Le troisième documentaire qui a fait couler beaucoup d'encre est celui consacré au leader du groupe Nirvana. En effet, Kurt Cobain : Montage of Heck réalisé par Brett Morgenest le premier qui obtient l'approbation de la famille du musicien. Courtney Love, sa compagne, mais aussi Dave Grohl et Krist Novoselic, ses partenaires au sein du groupe, ont répondu présents dans cette démarche et ont contribué à la réalisation de ce documentaire par leurs témoignages et leurs images.

Entre critique et éloge, les réactions sont largement divisées - certains accusent le documentaire d’être racoleur et intrusif - mais le public semble réceptif. Il a fallu huit années au réalisateur pour rassembler et trier photographies, vidéos personnelles, extraits sonores ou encore journaux de Kurt Cobain. On est en tout cas très curieux de voir de quel côté de la balance notre cœur penchera.

Kurt Cobain : Montage of Heck de Brett Morgen

Kurt Cobain : Montage of Heck de Brett Morgen

  • Dope de Rick Famuyiwa

Dope a commencé à buzzer bien avant sa diffusion à Sundance. Réalisé par Rick Famuyiwa et produit par Forest Whitaker, le film suit l'histoire d'une bande de jeunes un peu geeks et fans de hip-hop qui vivent dans les quartiers chauds d'Inglewood, dans le comté de Los Angeles. Malcolm, l'un d'eux, rêve d’entrer à Harvard. Une invitation à une soirée underground, à laquelle il se rend avec ses amis, va changer sa vie.

La comédie a enchanté le festival, et le réalisateur raconte qu'à la suite de la projection, les studios se sont arrachés le film, qui sera finalement distribué par Sony. Outre sa BO signée Pharrell, on note les apparitions des rappeurs Vince Staples, Casey Veggies, Tyga, de Quincy Brown (fils de P. Diddy) ou de la mannequin Chanel Iman, petite amie d’A$AP Rocky, qui figure également au casting. Du beau monde pour un film très prometteur.

Par Constance Bloch, publié le 03/02/2015

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